Bruxelles, 06/12/2011 (Agence Europe) - Les ministres européens chargés de la recherche, réunis en Conseil mardi 6 décembre à Bruxelles, ont eu une première opportunité de réagir à la nouvelle proposition de la Commission européenne concernant le prochain cadre stratégique commun pour la recherche et l'innovation,
« Horizon 2020 » (EUROPE n° 10506). Les ministres ont unanimement salué le travail effectué par la Commission européenne, en insistant particulièrement sur la simplification de la structure générale du programme (en trois volets/objectifs), l'intégration dans un même ensemble des programmes de financement pour la recherche et l'innovation, ainsi que l'importance accordée aux PME (8,8 milliards y sont consacrés pour favoriser l'innovation). Ce nouveau cadre stratégique, doté d'un budget de 80 milliards d'euros, a été présenté par la Commission, mercredi 30 novembre et vise à remplacer le 7ème programme-cadre qui arrive à échéance à la fin de l'année 2013.
Parmi les rares préoccupations exprimées, celle du ministre slovaque Eugen Jurzyca illustre l'inquiétude de certains États membres, qui n'ont que peu bénéficié du programme-cadre actuel, de voir leur participation rester marginale. Si l'objectif premier de « Horizon 2020 » est bel et bien de transférer l'excellence européenne en matière de recherche et d'innovation en opportunités industrielles, la faiblesse de certains pays dans ces domaines devrait aujourd'hui renforcer l'idée de recourir également au Fonds de cohésion afin de stimuler le développement national de la recherche en vue de réduire les écarts au sein de l'UE. Une idée qui a les faveurs notamment de la Roumanie, qui craint que la proposition de la Commission consacre, malgré elle, un état de fait: l'Europe de la recherche et de l'innovation se fait à « plusieurs vitesses ». Une inquiétude à laquelle la commissaire Máire Geoghegan-Quinn (recherche, innovation et science) a répondu, lors d'une conférence qui a suivi la réunion du Conseil, en rappelant que, dans le projet présenté, la Commission souhaite recenser des centres d'excellence potentiels dans des régions à performances faibles afin de pouvoir y affecter des ressources des Fonds structurels européens pour « mettre à niveau » les infrastructures et les équipements.
D'autres États, notamment l'Allemagne et la Belgique, ont exprimé des doutes quant à une trop grande simplification et rationalisation du programme « Horizon 2020 ». Le fait d'inclure dans un même ensemble les programmes de recherche et d'innovation, et le financement des sciences humaines et sociales, porte en soi le risque d'une tentation de « monnayer » ces derniers domaines, qui n'ont pourtant pas vocation, malgré les objectifs généraux de la proposition de la Commission, à être transformés en opportunités industrielles. (JK)