Bruxelles, 22/11/2011 (Agence Europe) - La commission parlementaire en charge du transport et du tourisme a tranché mardi 22 novembre sur la meilleure réponse à donner à la Commission européenne et à son Livre blanc pour le transport, publié au printemps dernier. Les députés ont approuvé le projet de rapport de Mathieu Grosch (PPE, belge) qui synthétise leur point de vue sur la mobilité européenne, à l'horizon 2020 surtout. En effet la « Feuille de route pour un espace européen unique des transports - Vers un système de transport compétitif et économe en ressources » présentée par la Commission table sur des objectifs à atteindre en 2050, mais M. Grosch a préféré préconiser des objectifs plus précis et chiffrés à réaliser dès 2020 (réduction de 20% du CO2 du secteur routier, 20% de bruit et de la consommation en énergie du rail, 30% de CO2 du secteur aérien, 30% du CO2 et des substances polluantes du secteur maritime).
Le projet de rapport a été adopté par 34 voix pour, 5 contre et aucune abstention. La veille, les derniers débats ont porté principalement sur quelques sujets récurrents, notamment sur la fameuse distance de 300 km, au-delà de laquelle 30 % du transport de marchandises par la route devraient être transférés vers d'autres modes de transport tels que le chemin de fer ou la navigation d'ici 2030, selon les propositions de la Commission. Sur ce point, M. Grosch a réalisé un compromis, afin de laisser les États membres et les régions juger par elles même quelles sont les meilleures options de co-modalité, selon les spécificités géographiques de leur territoire. Un compromis que n'a pas satisfait Michael Kramer (Verts/ALE, allemand), mais bien le socialiste Said El Khadraoui (belge) et la libérale-démocrate Gesine Meissner (allemande). Ces derniers estiment néanmoins que des efforts devraient aussi être consentis sur des plus courtes distances.
La question des méga-camions, le système modulaire européen, est revenue sur le tapis. Le projet de rapport de M. Grosch ouvre la possibilité d'utiliser des poids lourds avec des dimensions revues à la hausse sur certaines routes. Un point qu'il faut encore creuser aux yeux de Mme Meissner et de M. El Khadraoui, à la lumière du respect de la sécurité routière et d'une réduction des émissions de carbone. Au nom des Verts, l'Allemand Michael Cramer a réitéré le fait qu'il ne soutenait pas le système car il nuirait à un déplacement modal de la route vers le rail.
De manière plus spécifique, le conservateur Philip Bradbourn (ECR, britannique) a insisté sur le fait qu'il s'opposait catégoriquement à toutes propositions ou compromis qui impliqueraient plus de réglementations dans les transports et rendraient l'UE moins concurrentielle par rapport au monde extérieur, et a regretté que beaucoup d'amendements allaient pourtant en ce sens. Said El Khadraoui a quant à lui appelé à améliorer le volet social dans le secteur du transport routier, notamment le temps de repos qui n'est pas appliqué de façon uniforme dans l'Union. Enfin, les démocrates chrétiens, par les voix de Mathieu Grosch et d'Antonio Cancian (italien) ont insisté sur le fait que la récente refonte du paquet ferroviaire, adoptée par le Parlement européen la semaine passée (Agence EUROPE n° 10496), devait être mentionnée dans le projet de rapport, afin qu'il soit plus homogène.
Le projet de rapport sera débattu et voté en séance plénière, les 14 et 15 décembre prochain. (MD)