Bruxelles, 22/11/2011 (Agence Europe) - Une délégation d'Europêche/COGECA a rencontré lundi 21 novembre la commissaire à la Pêche Maria Damanaki afin d'évoquer plusieurs questions d'actualité comme le dialogue social, la protection des requins, ou encore les négociations sur les quotas de pêche pour 2012.
Gerard Van Balsfoort, l'actuel Président du CCPA (Comité consultatif pour la pêche et l'aquaculture), a insisté sur l'importance de maintenir et de renforcer la consultation structurée des parties prenantes au niveau européen à travers le CCPA. Il a invité la commissaire à communiquer de façon transparente et objective, dans l'intérêt du marché et en tenant compte des conséquences socio-économiques de la politique menée à l'heure actuelle.
Après avoir souligné le rôle primordial de la recherche et de l'innovation pour un secteur de la pêche plus compétitif et durable en Europe, le président d'Europêche, Javier Garat, a insisté sur la prise en compte des questions de formation, santé, sécurité et emploi dans la future politique commune de la pêche. Dans ce contexte, il a demandé le soutien de la Commission à un vaste plan d'action des partenaires sociaux du secteur, plan qui répond aux priorités de la stratégie « EUROPE 2020 » et de la politique maritime intégrée.
S'agissant des propositions sur les totaux admissibles de captures (TAC) et quotas pour 2012 qui seront négociées lors du Conseil Pêche des 15 et 16 décembre, Giampaolo Buonfiglio, au nom de la COGECA, a souligné que la science ne peut être affichée comme point de départ absolu. Pour un nombre important de stocks de poisson, la Commission table sur une réduction des TAC de 15%, « sans justification biologique manifeste », selon les professionnels. Dans certains cas, les réductions proposées par la Commission sont mêmes plus restrictives que les recommandations scientifiques et sont « insupportables » pour le secteur (langoustine, merlan bleu, par exemple).
Sur la proposition sur l'enlèvement des nageoires de requin (voir article plus haut), le président d'Europêche, Javier Garat a indiqué que la Commission « crée un problème inexistant au sein de l'UE ». « Nous estimons qu'il faut s'opposer à la pratique du « finning » consistant à rejeter en mer les requins après prélèvement de leurs nageoires, même s'il demeure nécessaire d'autoriser, dans des conditions contrôlées, la découpe des ailerons à bord, dans la mesure où différentes parties du poisson, généralement congelées à bord, sont ensuite commercialisées après le débarquement selon des circuits distincts », a-t-il expliqué.
Les participants ont enfin insisté sur le renouvellement nécessaire de certains accords de partenariat en suspens dans le secteur de la pêche (Maroc, Guinée-Bissau, Cap-Vert, Gabon, Mauritanie, etc.) et évoqué le problème de l'appropriation progressive de droits de pêche par la Norvège et la Russie dans l'archipel du Svalbard. (LC)