Bruxelles, 22/11/2011 (Agence Europe) - La protection du climat n'est pas synonyme de désindustralisation mais de réindustrialisation: c'est agir plus intelligemment avec plus d'efficacité, estime Connie Hedegaard, commissaire européenne à l'Action pour le climat qui l'a martelé lors de la conférence 'Emissions zéro', organisée à Oslo le 21 novembre. Le même jour, l'organisation météorologique mondiale (OMM) avertissait que les concentrations de gaz à effet de serre de l'atmosphère avaient atteint de nouveaux pics en 2010 et que le taux d'accroissement de ces gaz s'était accéléré. D'après le dernier bulletin de l'OMM sur les gaz à effet de serre - le septième du genre depuis 2004, le forçage radiatif de l'atmosphère par les gaz à effet de serre qui induit un réchauffement du système climatique s'est en effet accru de 29% entre 1990 et 2010, le CO2, gaz à effet de serre d'origine humaine, ayant contribué à 80% de cette augmentation.
Une nouvelle occasion offerte à la commissaire de plaider l'urgence d'opérer la transition vers une économie à faible teneur en carbone, dans l'intérêt du climat et de l'économie, et de vilipender ceux qui invoquent la crise économique pour justifier l'attentisme. À une semaine de la conférence climatique mondiale de Durban (COP 17, 28 novembre -9 décembre), et alors que le Canada, le Japon, la Russie se refusent toujours à une deuxième période d'engagement du Protocole de Kyoto tant que les pays émergents ne s'engagent pas. Mme Hedegaard a déclaré: « Certains suggèrent que les préoccupations environnementales et climatiques ont disparu de l'agenda à cause de la crise économique qui frappe de larges parties du monde ; que le changement climatique n'est plus dans les esprits. Je pense qu'ils ne pourraient pas se tromper davantage. Nous devons agir maintenant que nous avons le choix, maintenant que la crise nous invite à rechercher de nouvelles modalités de croissance économique. C'est le moment d'effectuer la transition vers une économie sobre en carbone, respectueuse du climat. La croissance verte créera de nouvelles entreprises, de nouveaux marchés, de nouveaux services et avec tout cela viendront de nouveaux emplois. C'est précisément le moyen de sortir de la crise économique ».
Battant en brèche toutes les idées fausses, elle a rappelé qu'aux yeux de 9 Européens sur 10, le changement climatique est un problème plus grave que la crise économique, que selon le dernier rapport de l'Agence internationale de l'énergie 'différer l'action, est une erreur économique car pour chaque dollar qui ne sera pas investi dans les technologies propres d'ici à 2020, c'est quatre fois plus qu'il faudra économiser après 2020 pour compenser l'augmentation des émissions'.
Le monde doit se réveiller, clament les ONG. Réagissant au rapport de l'OMM, les ONG appellent elles aussi la communauté internationale au sursaut. « Pendant les dernières années nous nous sommes endormis en allant au devant d'un désastre climatique, il semble maintenant que nous ayons entamé un sprint. Le monde doit se réveiller pour réagir à la menace gigantesque à laquelle nous sommes tous confrontés en se mettant d'accord sur une action internationale robuste à Durban. Les nations les plus riches doivent prendre le leadership en prenant des engagements de réductions contraignants pour débarrasser leurs économies du gaz, du charbon et du pétrole et fournir des financements aux pays pauvres pour qu'ils se développent proprement », déclare Andy Atkins, directeur exécutif de Friends of the Earth International. (AN)