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Bulletin Quotidien Europe N° 10500
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) pe/Énergie

Les stress tests nucléaires sont inefficaces, selon une étude

Bruxelles, 22/11/2011 (Agence Europe) - Le groupe des Verts/ALE au Parlement européen a présenté mardi 22 novembre une étude 'indépendante' qui conclut que les stress tests effectués sur les centrales nucléaires n'analysent pas les vrais risques pour ces centrales et ne tirent pas les leçons de la catastrophe de Fukushima. Cette étude a été publiée la veille de la présentation ce mercredi 23 novembre par la Commission européenne des résultats préliminaires des tests effectués sur les centrales nucléaires européennes.

« Ces tests de résistances ne correspondent pas au mandat donné par le Conseil des ministres de l'UE, ils ne vont pas donner de véritables indications quant à la sûreté des centrales nucléaires en Europe », a déclaré Wolfgang Renneberg (de Renneberg Consult UG), l'auteur de l'étude, lors d'une conférence de presse à Bruxelles au Parlement européen.

Les scénarios examinés aujourd'hui sont « incomplets », a-t-il dit. Il manque notamment dans la portée des tests les risques posés par des facteurs internes tels que les incendies, les surtensions électriques, les fuites de tuyaux, les dysfonctionnements des valves, des défaillances humaines. En outre, la combinaison de ces différents événements est exclue du périmètre des tests. « Les scénarios externes, comme l'impact d'un crash d'avion, ne sont également pas pris en compte », a dit M. Renneberg. Seuls les risques d'inondations ou de tremblements de terres sont pris en compte. En outre, la question de la gestion de la sécurité de la centrale est « négligée. Pourtant, les erreurs humaines et la gestion de la sécurité sont vitaux ».

De plus, la qualité des systèmes de sécurité et des composantes du réacteur (matériau des tuyaux, de la cuve du réacteur, des vannes et pompes, des équipements de contrôle…) n'est pas testée, a déploré l'expert, pour qui aussi l'effet de la dégradation et du vieillissement des centrales et du matériel au fil des ans n'est pas pris en compte. Aucun critère n'est défini pour déterminer ce qu'on appelle la « robustesse » du réacteur et le « stress test » se base principalement sur le rapport des opérateurs eux-mêmes.

Enfin, l'auteur estime que les experts impliqués dans les « stress test » sont les mêmes que ceux qui étaient responsables de la sûreté nucléaire dans le passé. « La Commission européenne n'est pas en mesure de compenser ce manque d'indépendance, car elle n'a aucune expertise technique elle-même ». Par conséquent, l'ensemble du processus est biaisé.

Les principales conclusions de l'étude sont les suivantes: - l'approche actuelle limitée des « stress tests » doit être complétée par l'évaluation des accidents d'avion/risques d'attentats terroristes ; - les critères d'acceptation qui permettent une classification des différentes qualités de solidité devraient être définis ; - les « stress tests » d'une centrale doit être complétés par une seconde partie qui évalue les mesures de prévention des centrales nucléaires contre les accidents nucléaires. « Nous n'avons pas tiré les leçons de Fukushima », selon Wolfgang Renneberg. Il faut, selon lui, « vérifier la centrale en appliquant des critères modernes de sécurité nucléaire ».

Pour l'eurodéputé Yannick Jadot (Verts/ALE, français), « l''étude indépendante montre clairement que les stress tests européens sont loin d'être suffisamment rigoureux pour évaluer correctement la sûreté de nos réacteurs et réduire au maximum le risque d'accident. Ces tests ne parviennent pas à évaluer les risques posés par des facteurs internes - comme les incendies, les défaillances humaines, la dégradation ou le dysfonctionnement des infrastructures, ou la combinaison de ces facteurs et ils évaluent mal les risques de menaces extérieures, comme le crash d'un avion ». Il a rappelé qu'en France, par exemple, les risques liés à un avion ne relèvent pas des stress tests, mais du 'secret défense'.

Yannick Jadot estime que le cas français confirme les conclusions de l'étude de Wolfgang Renneberg. Le rapport français de l'IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), publié jeudi 17 novembre, montre que « 9 centrales nucléaires en France ont des anomalies sur la prise en compte des séismes, des inondations, voire des risques chimiques ».

En outre, « nous n'avons pas de réponses satisfaisantes de la part des opérateurs (EDF, et pour partie AREVA et CEA), par exemple sur les questions d'incendies, d'explosions induits par un séisme », a estimé M. Jadot.

Rebecca Harms (Verts/ALE, allemande) a estimé que les tests de résistance effectués par l'UE ne sont qu'un « alibi » afin de maintenir ouverte l'option du nucléaire en Europe. « Nous craignons que des stress tests de mauvaise qualité en Europe donnent une espèce d'écolabel pour les installations actuelles au sein de l'UE et de feu vert pour pouvoir exporter nos produits en Asie, au Japon, en Amérique du sud », a dit Mme Harms. La promesse du commissaire à l'Énergie Günther Oettinger, à savoir une révision de la directive sur la sûreté nucléaire, « doit être tenue », a lancé Mme Harms. Elle a aussi appelé les gouvernements allemand et autrichien, qui ont fait le choix de sortir à terme du nucléaire à « mettre la pression sur le commissaire de façon à ce qu'il présente une mouture révisée de cette directive sûreté nucléaire », a-t-elle conclu. (LC)

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