Bruxelles, 22/11/2011 (Agence Europe) - Rappelant la place historique de l'Italie dans la construction européenne, le Premier ministre italien Mario Monti a indiqué que son gouvernement défendrait « la méthode communautaire » chaque fois que cela sera possible, mardi 22 novembre, à l'issue d'une rencontre avec le président de la Commission européenne José Manuel Durão Barroso. Ma vision de l'Europe, comme celle que l'Italie prône traditionnellement, consiste à œuvrer « le plus possible en conformité avec la méthode communautaire » parce que cette position est aussi « dans l'intérêt national de l'Italie », a-t-il déclaré. Plus tard, à l'issue de sa rencontre avec le président du Conseil européen Herman Van Rompuy, il a plaidé pour que l'Italie joue un rôle « utile et décisif » en faveur de l'intégration européenne.
L'Italie maintient-elle l'objectif de parvenir à l'équilibre budgétaire en 2013 même si la faible croissance dans le pays nécessitera l'adoption de mesures supplémentaires ? M. Monti, qui est aussi ministre des Finances, a souligné que l'accord scellé fin octobre lors du sommet de l'Eurozone constituait « le point de départ » de l'action du gouvernement italien qui bénéficie d'un large « consensus » politique au niveau national (EUROPE n°10483). Il n'y a « aucun doute » sur le fait que les efforts du gouvernement précédent en matière d'assainissement des finances publiques seront poursuivis, a-t-il insisté. Selon lui, le programme économique présenté au parlement italien, qui repose sur le triptyque rigueur budgétaire/croissance économique/équité sociale, attache « plus d'importance à la croissance durable à travers les réformes structurelles ». La visite, vendredi à Rome, du commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn sera l'occasion d'approfondir cette question.
« L'Europe a le regard tourné vers l'Italie » qui traverse une passe « difficile », a estimé M. Barroso. Comme M. Van Rompuy, il a loué la détermination et l'expérience de M. Monti qui l'aideront à affronter les « défis énormes » auxquels l'Italie est confrontée. Mais « cela prendra du temps ». Le président de la Commission a cité des domaines où des réformes sont attendues: la réforme des retraites, le marché du travail, l'architecture institutionnelle, la lutte contre l'évasion fiscale. Il a rappelé que la Commission est chargée de suivre sur le terrain la mise en œuvre des engagements budgétaires et économiques du pays. Les experts de la Commission sont les « bienvenus » à Rome, a d'ailleurs assuré M. Monti. Qui rencontrera, jeudi à Strasbourg, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy. (MB)