Bruxelles, 21/11/2011 (Agence Europe) - La Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères a demandé le 19 novembre aux autorités libyennes de coopérer avec la Cour pénale internationale (CPI), après l'arrestation du fils de Mouammar Kadhafi, Saïf al-Islam Kadhafi, accusé, entre autres, de crimes contre l'humanité. Qualifiant la capture de ce « joueur clé dans l'ancien régime » comme un « développement positif», Catherine Ashton a souligné que « la coopération continue avec la Cour pénale internationale devrait être assurée ». Elle a précisé qu'il « est primordial » que le droit de Saif al-Islam à une procédure régulière soit garanti afin qu'il puisse être livré à la justice, « conformément aux obligations internationales de la Libye » et aux « engagements » du Conseil national de transition « à respecter la primauté du droit ». La chef de la diplomatie européenne a rappelé qu'il est «essentiel pour la réconciliation nationale et la stabilité future de la Libye que les personnes responsables de violations des droits humains commises avant et pendant le récent conflit soient traduites en justice et que les faits entourant ces violations soient révélés ».
La France et le Royaume Uni ont eux aussi demandé à ce que Saïf Al-Islam soit poursuivi devant la Cour pénale internationale, qui a émis un mandat d'arrêt international contre lui. « Nous avons renouvelé notre encouragement au CNT à coopérer pleinement avec la CPI et à assurer à Saïf al-Islam un procès équitable », a insisté le ministère des Affaires étrangères français, le 19 novembre. Le ministre des Affaires étrangères britannique, William Hague, a expliqué que Saïf al Islam doit répondre de ses actes lors d'un procès « y compris par la Cour pénale internationale ». Il a ajouté que son pays « est prêt à aider le gouvernement libyen et la CPI pour déférer Saïf al-Islam à la justice ». Leurs homologues allemand et italien, Giulio Terzi et Guido Westerwelle, ont quant à eux appelé, dimanche 20, les autorités libyennes à accorder à Saïf al-Islam un procès équitable en conformité avec les normes internationales.
Les autorités libyennes ont annoncé, dimanche 20 novembre, que le fils de Mouammar Kadhafi, serait jugé en Libye. « Nous voulons que le procès de Saïf al-Islam ait lieu en Libye car la justice locale est la règle et la justice internationale l'exception », a expliqué le ministre de la Justice Mohammed al-Allagui. (CG)