Bruxelles, 21/11/2011 (Agence Europe) - Le compromis atteint sur le budget 2012 est « en net recul par rapport à la position initiale du Parlement européen » et « miser exclusivement sur des mesures d'austérité ne peut toutefois constituer la seule réponse à la crise », selon le groupe Verts/ALE au Parlement européen qui s'exprime dans un communiqué publié samedi 19 novembre.
Pour Isabelle Durant, membre de l'équipe de négociation et vice-présidente du Parlement européen, « même s'il faut se montrer compréhensif face à la situation budgétaire extrêmement délicate de nombreux États membres et des contraintes financières qui en résultent, miser exclusivement sur des mesures d'austérité ne peut toutefois constituer la seule réponse à la crise. Pire, elle l'aggrave. C'est pourtant l'attitude qui caractérisait hier la position du Conseil lors des négociations budgétaires ». Elle regrette ainsi qu'en dehors de la « capitulation » du Parlement européen devant l'intransigeance des États membres, le budget européen, en tant qu'un des rares instruments encore à notre disposition pour générer des investissements en Europe, créer des synergies, soutenir des projets de recherche ou d'action locale et accroître la compétitivité à travers toute l'Europe, « soit devenu la nouvelle victime d'une politique d'austérité aveugle ». Elle y voit le signe de manœuvres aboutissant au « démantèlement de l'Europe ».
Mme Durant estime aussi que le budget ne tient que rarement compte de la nécessité de développer une économie plus verte et ne mise que peu sur des politiques plus durables. Elle réitère ses critiques sur le projet de réacteur de fusion ITER « totalement surdimensionné » qui, dans le meilleur des cas, « ne produira de résultats qu'en 2050 s'il en produit ». Pour arriver à financer ITER, des réductions de crédits seront très probablement effectuées dans le 7ème programme cadre de recherche de l'Union (pourtant plus susceptible de produire des résultats tangibles), regrette Mme Durant. Elle a déploré enfin la réduction des dépenses en faveur de l'aide au développement.
Le groupe PPE au PE estime au contraire que le compromis est bon. « L'accord (atteint) montre la volonté des institutions européennes d'envoyer aux citoyens un message d'espoir et de responsabilité, en tenant compte de la période actuelle difficile de crise. Le budget 2012 sera focalisé sur les investissements et les actions essentiels à la promotion de la croissance dans l'UE », a dit Giovanni La Via (PPE, italien), le porte-parole du groupe PPE sur le budget 2012. (LC)