Bruxelles, 21/11/2011 (Agence Europe) - La Commission européenne a adressé le 17 novembre un courrier à La Haye lui demandant de s'expliquer sur la mise en place, annoncée pour le début du mois de janvier, d'une vidéo-surveillance à ses frontières, a-t-elle indiqué lundi 21 novembre, en particulier aux frontières avec la Belgique et l'Allemagne. Le gouvernement néerlandais, soutenu par les populistes de Geerd Wilders, avait informé au préalable la Commission de ce projet, qui doit entre autres permettre aux autorités néerlandaises d'inspecter les plaques d'immatriculation et de les comparer dans leurs registres, explique une porte-parole de la commissaire Cécilia Malmström, mais la Commission souhaite davantage d'explications sur ces dispositifs pour en évaluer la conformité avec les règles Schengen et interroger La Haye sur la base légale, la fréquence ou la durée de ces inspections.
Après la France et l'Italie au printemps dernier et le Danemark en mai, c'est donc la 3ème fois cette année que la Commission demande des comptes à un pays membre de l'espace de libre circulation.
La France avait intensifié en avril ses contrôles policiers dans sa zone frontalière avec l'Italie à la suite de l'arrivée de nombreux migrants à Lampedusa et Rome, de son côté, avait délivré aux migrants des titres de séjour temporaires afin de leur permettre de circuler dans Schengen. L'ancien gouvernement danois avait, lui, entamé la première phase d'un plan en 3 étapes visant à renforcer ses contrôles douaniers, suscitant notamment la protestation - écrite - du président de la Commission européenne.
Après analyse, la France et l'Italie avaient été dédouanées, même si la commissaire Malmström avait regretté en septembre des actes dénaturant l'esprit de Schengen. Le nouveau gouvernement danois, issu des élections en septembre, avait lui aussitôt indiqué vouloir renoncer à ce plan en 3 phases. Le 25 octobre, Copenhague a d'ailleurs adressé un courrier officiel à la Commission lui indiquant que tous les plans ont été annulés et les douaniers mobilisés pour ces nouveaux contrôles « réaffectés à d'autres tâches », poursuit la porte-parole. Le gouvernement néerlandais devra donc à son tour, et d'ici à 10 semaines, préciser à la Commission les motifs de ces mesures et leur application pratique.
Les Pays-Bas, par ailleurs, restent aujourd'hui le dernier pays opposé à l'entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l'espace Schengen, la Finlande ayant annoncé la semaine dernière être prête à lever son veto. La Haye maintient son opposition en raison de doutes persistants sur les progrès des deux candidats à lutter contre la corruption et la criminalité, mais cette position n'est plus jugée très pertinente à présent, ni « très raisonnable », indiquait la semaine dernière un porte-parole d'un grand pays membre de Schengen. (SP)