Bruxelles, 21/10/2011 (Agence Europe) - La Commission européenne et le gouvernement russe ont réglé, vendredi 21 octobre, les dernières questions bilatérales pendantes, en particulier celle du régime russe d'investissement dans le secteur de la production automobile, ouvrant ainsi la voie à l'éventuelle adhésion de la Russie à l'OMC avant fin 2011. Reste à lever l'obstacle d'un possible véto de la Géorgie.
« Nous sommes parvenus à un accord sur les dernières questions bilatérales en suspens, qui laisse la voie ouverte à une adhésion de la Russie à l'OMC d'ici la fin de l'année. Cet accord va aider à protéger les emplois de l'UE dans l'industrie automobile et des composants d'une délocalisation vers la Russie », s'est félicité le commissaire au Commerce Karel De Gucht, vendredi. Concernant le régime russe d'investissement dans l'automobile, les parties ont « trouvé un équilibre entre les différentes préoccupations des constructeurs automobiles européens qui ont déjà investi en Russie, les entreprises européennes produisant des automobiles et leurs composants dans l'UE qui exportent vers la Russie, et le désir de la Russie, soutenu par l'UE, de moderniser son économie », précise l'exécutif européen dans un communiqué. La solution étant un mécanisme de compensation, à utiliser si les exportations de pièces automobiles de l'UE chutent sur le marché russe à cause du nouveau régime d'investissement.
Européens et russes se sont aussi entendus sur les autres questions en suspens, incluant la plus grande clarté des règles fixées par Moscou pour l'exportation de produits agricoles et alimentaires vers la Russie et la fiabilité du régime de quotas d'exportation de bois russe. En outre, l'UE a obtenu une garantie de Moscou sur un accord visant à modifier le système des paiements du survol de la Sibérie par les compagnies aériennes de l'UE.
L'accord euro-russe est une étape clé dans le processus d'adhésion de la Russie à l'OMC, mais les négociations se poursuivent au plan multilatéral à Genève pour officialiser cette adhésion lors de la conférence ministérielle de l'OMC, à la mi-décembre. Reste en outre à lever l'obstacle du possible véto de la Géorgie, si la question de la légalisation des postes douaniers en Abkhazie et Ossétie du Sud, deux provinces géorgiennes séparatistes, indépendantes de facto depuis le conflit armé russo-géorgien d'août 2008, et reconnues comme telles par Moscou, n'est pas réglée. Regrettant l'échec de la médiation à l'OMC de la Suisse, « l'UE est prête à fournir son soutien pratique pour trouver rapidement une solution », assure M. De Gucht. (EH)