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Bulletin Quotidien Europe N° 10471
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) pe/bce

Trichet, le secteur bancaire a besoin d'une recapitalisation

Bruxelles, 11/10/2011 (Agence Europe) - Le président du Comité européen du risque systémique (ESRB) Jean-Claude Trichet a reconnu que « le secteur bancaire européen (avait) besoin d'une recapitalisation », mardi 11 octobre lors de sa dernière apparition devant les eurodéputés de la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen. « Les superviseurs doivent coordonner leurs efforts pour renforcer les fonds propres bancaires, y compris en ayant recours aux dispositifs publics nationaux, et en tenant compte aussi de la nécessité d'une valorisation transparente et cohérente des expositions aux dettes souveraines », a-t-il ajouté. Selon lui, recourir au fonds européen de sauvetage, la Facilité EFSF, pour recapitaliser les banques européennes « pourrait s'avérer bénéfique ».

Si le processus de ratification nationale du renforcement de l'EFSF franchit le dernier obstacle slovaque, le fonds européen de sauvetage aura une force de frappe augmentée à hauteur de 440 milliards d'euros. Il sera en mesure d'intervenir sur les marchés financiers pour racheter des titres de dette souveraine. Il pourra aussi prêter, après le feu vert de la BCE, à un pays ne faisant pas l'objet d'un programme d'austérité pour qu'il garantisse la stabilité de son secteur bancaire. La France souhaiterait que la recapitalisation bancaire annoncée implique aussi l'EFSF (EUROPE n°10470). L'Allemagne y voit une solution de dernier recours.

L'UE doit être la première à introduire dans sa législation l'accord du Comité de Bâle sur le renforcement de la quantité et de la qualité du capital bancaire, a estimé M. Trichet. D'après lui, les superviseurs nationaux qui le souhaitent doivent être autorisés à fixer des niveaux de fonds propres « plus élevés que ceux fixés dans le droit européen » en temps voulu et en fonction de circonstances spécifiques nationales. La Commission européenne considère en revanche que son paquet législatif 'CRD IV' fixe des limites maximales. Une position rejetée notamment par le Royaume-Uni et l'Espagne.

Crise systémique. Le président du CERS est d'avis que « la crise a atteint un niveau systémique ». Outre les tensions accrues sur les marchés d'obligations souveraines de certains pays de la zone euro, la situation s'est aggravée avec un assèchement progressif des marchés de refinancement bancaire. « Le degré élevé d'interconnexion du système financier européen a conduit à une augmentation rapide du risque de contagion significative. Ceci menace la stabilité financière dans l'ensemble de l'UE et a des répercussions négatives en Europe et au-delà », a-t-il constaté. D'où la nécessité pour les gouvernements et les institutions européennes d'adopter rapidement des mesures décisives. Reporté au dimanche 23 octobre, le prochain Conseil européen s'avère à ce titre capital pour les Européens s'ils veulent dévoiler une réponse exhaustive à la crise de la dette souveraine d'ici au Sommet du G20, à Cannes les 3 et 4 novembre.

Le CERS a par ailleurs adopté des recommandations relatives aux risques inhérents à une croissance excessive des marchés de prêts libellés en devise étrangère. Il demande aux banques de fournir aux emprunteurs une information adéquate sur l'exposition aux risques de change et aux superviseurs de suivre l'évolution de ces marchés, y compris en envisageant la possibilité d'imposer des limites. Les superviseurs ont jusqu'à 2013 au plus tard pour expliquer la façon dont ils se sont conformés aux recommandations. À noter que le CERS évalue également l'opportunité d'agir à moyen-terme pour réduire la vulnérabilité de grandes banques européennes qui empruntent des liquidités en dollars. Mi-septembre, cinq grandes banques centrales ont agi de manière concertée pour faciliter l'approvisionnement des établissements de crédit en devise américaine. Enfin, le CERS préconise d'analyser les effets négatifs potentiels du trading à haute fréquence sur la liquidité, ainsi que la capacité de cette innovation technologique à accentuer les tensions sur les marchés. (MB)

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