Bruxelles, 10/10/2011 (Agence Europe) - La Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères s'est dite «extrêmement préoccupée » de la mort de 24 personnes et des 200 blessés de la communauté chrétienne copte, à la suite de violents affrontements lors d'une manifestation en Égypte, dimanche 9 octobre. « La liberté de religion ou de conviction est un droit humain universel, qui doit être protégé partout et pour tous. Elle doit être une partie essentielle de la transition vers la démocratie en Égypte pour édifier une société libre et démocratique », a souligné Catherine Ashton dans un communiqué et lors de son arrivée à Luxembourg, lundi 10 octobre, pour le Conseil des Affaires étrangères.
Les ministres européens ont eux aussi exprimé leur inquiétude. Les ministres allemand et britannique Guido Westerwelle et William Hague sont « très préoccupés » par la situation, qualifiée d'« inquiétante » par leur homologue espagnole Trinidad Jimenez. « Il s'agit d'une situation que nous ne pouvons pas du tout accepter », a souligné M. Westerwelle. De son côté, le ministre italien Franco Frattini a souhaité « une condamnation unanime » de l'Union européenne.
La chef de la diplomatie et le ministère des Affaires étrangères français ont apporté leur soutien à l'appel du premier ministre égyptien au calme et à la retenue. La France « appelle à l'apaisement et se félicite des déclarations des autorités politiques et religieuses qui prônent le dialogue et la préservation de l'unité nationale », a souligné le Quai d'Orsay. Catherine Ashton a rappelé la nécessité d'une enquête pour que les responsables soient traduits en justice. « Les autorités intérimaires ont la tâche cruciale de mener l'Égypte aux urnes, lors des premières élections démocratiques et transparentes, tout en assurant l'ordre public d'une manière respectueuse des droits humains », a-t-elle ajouté.
Le président du Parlement européen, Jerzy Buzek, a, lui, appelé les militaires à leur devoir. « Le leadership militaire doit être conscient de son propre rôle dans la période de transition. L'utilisation excessive de la force est inacceptable en toute circonstance. (…) Le contrôle civil des militaires doit être un élément central de la démocratie égyptienne », a-t-il souligné dans un communiqué. (CG)