Bruxelles, 10/10/2011 (Agence Europe) - Tous les indicateurs de l'immigration irrégulière étaient en hausse au second trimestre 2011, a indiqué le 4 octobre dernier dans un rapport l'agence Frontex. Selon l'agence européenne de surveillance des frontières de l'UE, la principale route de l'immigration illégale dans l'UE était par ailleurs à nouveau la frontière gréco-turque, suivie par la route italienne, via l'île de Lampedusa qui avait détrôné un temps la route gréco-turque lors des arrivées de migrants nord-africains au printemps 2011, et l'île de Malte.
Dans son étude, Frontex indique ainsi que le nombre global d'entrées illégales dans l'UE a, au second trimestre 2011, atteint un 'record' jamais observé depuis le dernier trimestre 2008, avec un nombre d'arrivées estimé à 40 000, soit « 50% de plus » qu'au second trimestre 2010.
En ce qui concerne le passage gréco-turc, les détections observées ont augmenté pour retrouver leur niveau de la mi-2010 avec 11 000 entrées comptabilisées, dit Frontex, les Afghans résidant en Iran et fuyant les politiques du pays constituant ici la principale origine des migrants. Pour Frontex, la frontière gréco-turque reste encore le principal point d'entrée pour les « réseaux de contrebande » avec des mouvements secondaires observés également en Slovénie, en Hongrie ou encore en Italie.
Pour les migrants issus du Printemps arabe et originaires de Tunisie par exemple, Frontex note une diminution importante des entrées illégales du fait de politiques d'accords de réadmission effectives entre Tunis et Rome. Au second trimestre 2011, les entrées irrégulières de migrants tunisiens ont ainsi baissé de 75%, écrit l'agence, qui indique cependant que le volume global de détections a augmenté avec d'autres migrants africains, ghanéens ou nigérians par exemple chassés de Libye. Sur ce dernier aspect, Frontex note déjà une stabilisation des mouvements depuis la chute effective du régime Kadhafi mais estime encore la situation sur ce front « difficile à prévoir ».
Enfin, indique encore Frontex, « la migration circulaire entre l'Albanie et la Grèce a été significativement affectée » par les nouvelles règles de facilitation des visas pour les Albanais, conduisant parallèlement à une augmentation des refus d'entrées. Autre observation de l'agence: un nombre croissant de migrants a été observé sur la frontière orientale avec le Bélarus, avec environ 6 800 migrants géorgiens arrivés dans l'UE via le Bélarus au cours des six premiers mois de 2011. (SP)