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Bulletin Quotidien Europe N° 10470
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/euro

Une solution à la crise d'ici fin octobre - Sommet le 23 octobre

Bruxelles, 10/10/2011 (Agence Europe) - Pressés par les marchés financiers et leurs partenaires internationaux, les pays de la zone euro acceptent de se retrousser à nouveau les manches pour revoir leur plan anticrise de la dette souveraine et parvenir, d'ici fin octobre, à une solution durable et exhaustive. Dimanche à Berlin, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy ont affiché leur plein accord sur la nécessaire recapitalisation bancaire et la révision des modalités du 2ème sauvetage grec. « L'Europe doit avoir résolu ses problèmes avant le G20 de Cannes » des 3-4 novembre, a déclaré M. Sarkozy. Le président du Conseil européen Herman Van Rompuy a décidé de reporter au dimanche 23 octobre la prochaine réunion des chefs d'État et de gouvernement initialement prévue les 17-18 octobre. Cette semaine, la Commission présentera différentes options en matière de renforcement des fonds propres bancaires.

Les deux principales économies de la zone euro ne veulent pas que le démantèlement de Dexia soit l'étincelle qui mette le feu au système bancaire européen fortement exposé à la crise de la dette souveraine. Outre les déboires de la banque belgo-française, la dégradation par l'agence de rating Moody's des notations de banques britanniques et portugaises a alimenté les craintes. Paris et Berlin conviennent donc qu'une recapitalisation des banques européennes doit avoir lieu. « Nous sommes déterminés à faire tout ce qui est nécessaire pour assurer la recapitalisation de nos banques », a déclaré la chancelière allemande. Mais aucun détail n'a encore filtré sur les modalités et la portée d'un tel processus.

D'aucuns interprètent cette absence de détail comme un signe de positions divergentes au sein du couple franco-allemand. La France, qui s'est portée garante avec la Belgique des engagements financiers de Dexia, craint pour sa notation AAA, même si Moody's et sa consœur Standard and Poor's ont confirmé la notation du pays lundi 10 octobre. Les autorités françaises seraient davantage enclines à faire appel à l'actuel fonds de sauvetage, la Facilité EFSF. Celui-ci sera en effet en mesure de prêter sous condition à un pays une fois que le renforcement de ses compétences aura été entériné dans les dix-sept pays de la zone euro. La France est le pays dont les banques sont les plus exposées aux dettes souveraines de l'Eurozone par rapport au PIB national. Première contributrice de l'EFSF, l'Allemagne est en revanche d'avis que le recours au fonds ne doit être considéré qu'en dernier recours. La Commission aussi. Priorité doit d'abord être donnée à des levées de capitaux sur les marchés. Si c'est insuffisant, les banques feront appel aux dispositifs nationaux de soutien.

À ce stade, les Européens refusent de chiffrer les besoins. Pour ce faire, l'Autorité européenne de supervision bancaire (EBA) est en train de revoir les résultats des 'stress tests' bancaires qu'elle a publiés en juillet à la lumière des dégradations qu'ont subies cet été les portefeuilles bancaires de titres de dettes souveraines. L'exercice 2011 des 'stress tests' a été critiqué parce qu'il ne prenait pas en compte la possibilité d'un défaut, même partiel, d'un pays de la zone euro.

Selon la presse allemande, les principales banques françaises se résoudraient à demander une aide publique de 10 à 15 milliards d'euros si leur homologue allemande Deutsche Bank acceptait de lever des fonds propres supplémentaires. La Belgique a annoncé qu'elle engagerait 4 milliards d'euros pour nationaliser le réseau belge de banque de détail de Dexia. Samedi, le ministre irlandais des Finances Michael Noonan a fait état d'une somme « nettement supérieure à 100 milliards d'euros ». Le Fonds monétaire international table quant à lui sur une enveloppe oscillant entre 100 et 200 milliards d'euros. « Nous allons venir cette semaine avec des idées pour une coordination des efforts nécessaires afin de renforcer la base de capital des banques », a déclaré une porte-parole de la Commission.

Report du sommet européen. Après consultation avec les capitales, M. Van Rompuy a fait savoir, lundi, qu'il repoussait au dimanche 23 octobre le Conseil européen prévu la semaine prochaine. Selon lui, « ce calendrier permettra de finaliser notre stratégie globale relative à la crise de la dette souveraine dans la zone euro ». Il énumère les travaux en cours qui nécessitent plus de temps: - la présentation par la Commission d'un plan de recapitalisation bancaire qui tiendra compte des 'stress tests' actualisés effectués par l'EBA ; - la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) poursuit sa mission d'évaluation de la situation économique et budgétaire en Grèce, une décision du Conseil Écofin sur le déblocage d'une tranche d'aide de 8 milliards d'euros ne pouvant être prise que sur la base du rapport de la 'troïka'. M. Van Rompuy se félicite des « progrès » déjà enregistrés, à savoir l'adoption de la réforme du Pacte de stabilité et de croissance et la fin en vue du processus de ratifications nationales de l'EFSF renforcée. Dimanche 23 octobre, un sommet de la zone euro aura également lieu. Deux réunions extraordinaires, l'une de l'Eurogroupe et l'autre du Conseil Écofin, se tiendront dans l'intervalle, vraisemblablement la semaine prochaine.

Malte devait entériner, lundi soir, les décisions qu'a prises fin juillet le Sommet de l'Eurozone relatives au 2ème sauvetage grec, à l'accroissement à 440 milliards d'euros de la puissance de feu de l'EFSF et à la flexibilisation accrue du même fonds. Si la Slovaquie ratifie ces décisions ce mardi, le fonds de sauvetage sera en mesure d'intervenir sur les marchés financiers pour racheter de la dette de pays en difficulté et de prêter, après feu vert de la BCE, à un pays pour qu'il renfloue son système bancaire. Le gouvernement slovaque devrait avoir besoin des voix de l'opposition de gauche pour ratifier l'accord, alors qu'il fait face à une fronde du parti libéral SaS de coalition. Celui-ci a notamment offert son soutien lors du vote à condition que Bratislava s'engage à ne pas participer au Mécanisme européen de stabilité (ESM).

L'ESM, dont la création nécessite une modification du traité européen, remplacera l'EFSF mi-2013. Mais la question d'une mise en service anticipée du mécanisme permanent est évoquée, notamment par l'Allemagne, la Finlande et la Commission. Le Mécanisme européen de stabilité prévoit une restructuration ordonnée d'un pays de la zone euro alors que l'EFSF n'autorise qu'une participation volontaire du secteur privé, comme c'est le cas avec le 2ème sauvetage grec.

Grèce. Les Européens se rendent compte que le 2ème plan grec (prêts de l'EFSF à hauteur de 110 milliards d'euros et participation du secteur privé d'environ 40 milliards d'euros), tel qu'élaboré fin juillet, ne suffira pas. « Sur la Grèce, nous avons pris en compte en juillet un niveau de réduction de la dette qui était trop bas », a reconnu le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble. Alors que ce plan table sur une décote de 21% des obligations grecques, l'agence allemande DPA affirme que la dépréciation pourrait atteindre 60%. Par ailleurs, le ministre grec des Finances Evángelos Venizélos a fait savoir lundi que les réunions entre les autorités grecques et la 'troïka' étaient terminées. « Nous attendons que la 'troïka' soumette son rapport et, ensuite, nous attendons le versement de la 6ème tranche » de 8 milliards d'euros, a-t-il ajouté.

Fin octobre, lors du Conseil européen, M. Van Rompuy fera des propositions sur la façon de renforcer la gouvernance économique dans la zone euro. Dans cette perspective, Mme Merkel et M. Sarkozy feront des propositions qui iront plus loin que celles qu'ils ont présentées mi-août, telles que la nomination d'un président pour l'Eurozone ou l'organisation de sommets réguliers. Ces propositions nécessiteront un nouveau chantier institutionnel. « Nous ferons des propositions dans le cadre d'un paquet global qui permettra une coopération plus étroite entre pays de la zone euro », a dit la chancelière allemande. Soutenus notamment par les Pays-Bas, les Allemands devraient mettre à profit ce chantier pour renforcer la discipline budgétaire. D'autres pays de la zone euro militeront sûrement pour une mise en commun d'une partie de la dette publique. Sur ce point, la Commission devrait présenter des options d'ici fin octobre. (MB)

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