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Bulletin Quotidien Europe N° 10466
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

Les soucis internationaux confirment l'importance de l'euro

Le monde a besoin de l'euro. Si l'atmosphère entourant la construction européenne était aujourd'hui plus favorable et si l'euroscepticisme n'était pas tellement à la mode, les réactions internationales à la crise de l'euro seraient considérées dans l'UE comme un message positif, prouvant à quel point tous ont besoin que l'euro fonctionne: le monde entier est préoccupé par ces problèmes. Plusieurs comportements l'ont prouvé: le ministre américain des Finances s'est fait inviter à une réunion de ses collègues européens et a exigé que l'UE relance sa croissance économique et sauve la Grèce ; la Chine a acheté des bons du Trésor de pays européens en difficulté ; les pays émergents en tant qu'ensemble ont annoncé leur disponibilité à suivre l'exemple chinois et leurs banques ont mis à la disposition du système bancaire européen des liquidités en dollars. Ce ne sont que quelques exemples. Il est vrai que les interventions citées avaient essentiellement la nature de promesses « sous réserve », subordonnées à des conditions leur donnant un caractère plus théorique que réel ; mais leur signification était claire: le monde entier a besoin que l'euro soit en bonne santé, sans quoi le système financier international risquerait de sauter dans son ensemble.

Soucis britanniques. Même le Royaume-Uni, pays de l'UE qui a rejeté la monnaie unique, a besoin qu'il fonctionne et réclame que la zone euro résolve le problème de la Grèce. L'une des prises de position les plus fortes pour le sauvetage monétaire de ce pays, quel qu'en soit le coût, a été signée par Martin Wolf, éditorialiste du Financial Times. Il est pour lui impensable que la Grèce sorte de la zone euro ; pour l'éviter, un « énorme allégement » de sa dette ne peut pas être évité. La zone euro doit assumer cette tâche par: - une expansion économique agressive ; - l'assouplissement immédiat de la politique monétaire de la BCE ; - le soutien aux pays dont les dettes ne sont pas «liquides» ; - un allégement important de ces dettes, celle de la Grèce en tête.

Pourquoi toute sortie de l'euro est-elle considérée à Londres comme impensable ? M. Wolf l'explique: une telle sortie menacerait le marché unique européen et l'ensemble du tissu coopératif de l'Europe. N'est-il pas étrange que cette remarque nous arrive du pays qui a rejeté la zone euro ? Pourquoi un tel rejet, appliqué dans le passé par Londres, n'aurait-il pas menacé « le marché unique et l'ensemble de la coopération européenne » ? D'autres aspects de cette prise de position britannique en éclaircissent peut-être les sous-entendus: par exemple, la constatation par M. Wolf que les banques américaines sont exposées à hauteur de 478 milliards d'euros en Grèce, Portugal, Italie, Espagne et Irlande. Et pourquoi l'Europe continentale devrait faire face à cette situation ? Le Premier ministre britannique vient de déclarer que les difficultés de la zone euro représentent une menace pour son pays et pour l'économie mondiale. Les autorités responsables de cette zone doivent agir d'urgence pour consolider la défense de l'euro et résoudre le problème de la dette, car l'écroulement de l'euro serait très négatif pour le R.U.. David Cameron rejette l'idée d'un référendum sur la sortie britannique de l'UE, laquelle accueille 40% des exportations britanniques.

Compromis efficaces et largement acceptés. Face à l'avalanche de ses conseils et parfois à leur ton, on apprécie la fermeté du président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, qui revendique l'autonomie de la zone euro pour décider ce qui la concerne, tout en assurant, au nom des dix-sept pays qui en font partie, que cette zone « fera tout le nécessaire pour sa stabilité ». M. Juncker n'avait jamais aimé le Pacte pour l'euro-plus, vide et rhétorique à son goût ; mais les nouveaux textes, c'est autre chose, véritables instruments de gestion de l'euro, fruits de longs mois de négociations approfondies entre le Parlement et le Conseil, avec le cas échéant la médiation de la Commission. Certes, comme dans toute négociation, des compromis ont été inévitables ; quelques aspects ne satisfont pas tout le monde et ils sont critiqués. Mais l'évaluation est généralement positive: le partage des pouvoirs entre les institutions et les procédures de la gestion de l'euro sont considérés comme équilibrés. On comprend certaines critiques et réserves de la gauche, mais la démocratie présuppose qu'il soit tenu compte des résultats électoraux. Un volet essentiel de la gestion de l'euro est, en principe, acquis et il est normal que les autorités de cette zone se considèrent comme responsables de sa gestion, tout en étant disponibles pour collaborer amplement au niveau international.

Le débat sur l'aspect institutionnel. Dans ce contexte, le partage des compétences et des responsabilités à l'intérieur de la zone euro reste en discussion, après la ferme revendication de la méthode communautaire et des compétences de la Commission européenne par M. Barroso. Cet aspect fondamental, en partie vivement controversé, sera évoqué, avec un certain nombre de remarques, dans cette rubrique de demain.

(FR)

 

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