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Bulletin Quotidien Europe N° 10461
JOURNÉE POLITIQUE / (ae) pe/État de l'union

Le groupe ADLE demande à Barroso de sauver l'Union

Bruxelles, 27/09/2011 (Agence Europe) - À la veille du débat sur l'État de l'Union, le président de l'Alliance des démocrates et des libéraux (ADLE) au Parlement européen, Guy Verhofstadt a écrit à José Manuel Barroso pour lui demander de sauver l'UE en élaborant « une stratégie de sortie de crise ».

Les États membres ont chargé le Conseil européen de trouver des solutions. « Mais le Conseil européen n'est pas apte à assumer ce rôle », selon la lettre de M. Verhofstadt adressée au président de la Commission européenne. Selon le président du groupe ADLE, le Conseil européen « est au mieux à même de prendre des mesures temporaires mais demeure incapable de s'accorder sur un plan global et une vision d'avenir ». Il rappelle que le PE a obtenu que le paquet de supervision financière et le paquet de gouvernance économique soient significativement renforcés. « Mais cela ne suffit pas ». Le président du groupe ADLE estime que la Commission européenne devrait présenter une approche nouvelle, globale et détaillée pour sortir de la crise, basée sur les éléments suivants: 1) les dispositifs actuels de gestion de crise (le FESF et le futur MES) sont inadaptés. Il faut un Fonds monétaire européen (FME), opérant selon la méthode communautaire, décidé à la majorité et responsable devant le Parlement européen. L'euro ne peut plus se permettre d'être l'otage de la frange eurosceptique des États membres de la zone euro. « L'unanimité finira par avoir raison du système » ; 2) il faut « un vrai gouvernement économique » pour la zone euro qui gère les politiques économique et budgétaire au niveau de l'Union. Un membre expérimenté de la Commission devrait être nommé ministre européen des Finances (ce qui suppose une réorganisation de la Commission). Le ministre européen des Finances devrait définir les principales orientations de la politique économique de la zone euro et présider l'Eurogroupe. « Nous devrions aussi réfléchir comment les fonctions des Présidents du Conseil européen et de la Commission européenne pourraient être fusionnées pour renforcer la cohérence »: 3) il est nécessaire et urgent de recapitaliser le secteur bancaire européen (de manière transparente) ; 4) l'Union doit créer un système commun d'émission d'obligations mutualisant progressivement et partiellement la dette des États membres de la zone euro jusqu'à 60% maximum de leur PIB. Ce système devrait conduire à une plus grande discipline mais aussi accroître la solidarité ; 5) nous avons besoin d'un Pacte de convergence économique pour la croissance et l'emploi. Ce Pacte devrait reposer sur un code de convergence contraignant avec des normes maximales et minimales à appliquer de manière flexible aux principaux piliers des économies des États membres. « L'austérité nécessaire doit être assortie d'un programme quantitatif et qualitatif de croissance ». Le Pacte devrait être supervisé par la Commission qui devrait veiller à sa mise en œuvre. Simultanément, une stratégie de croissance devrait être élaborée, financée par des obligations d'investissement de l'UE et une utilisation intelligente des Fonds structurels et de cohésion ; 6) il devrait y avoir une représentation unique de la zone euro dans les institutions financières internationales afin de promouvoir l'euro comme monnaie de réserve mondiale à moyen et long terme ; 7) la responsabilité et la légitimité démocratique de l'Union doivent être garanties. « Il est essentiel que toutes les actions de l'Union soient contrôlées par les parlements nationaux et européen ».

M. Verhofstadt exhorte M. Barroso et la Commission « à user de votre droit d'initiative pour présenter les transformations dont la gouvernance de la zone euro a si clairement besoin ». Une feuille de route contenant ces sept éléments devrait être présentée au plus tard au prochain Conseil européen à la mi-octobre, selon le groupe ADLE. « Nous ne pouvons plus repousser l'échéance si nous voulons la survie de l'euro et de l'Union », conclut M. Verhofstadt.

Pour les verts, la gouvernance économique doit être conduite par M. Barroso. Le groupe des Verts/ALE a rappelé qu'il n'avait pas voté en faveur de la nomination de M. Barroso. Daniel Cohn-Bendit a dit toutefois qu'il fallait se battre contre la création de nouvelles institutions. « Il faut que M. Barroso se batte, et le PE est avec lui, pour que la gouvernance économique soit conduite par la Commission. Celle-ci ne doit pas accepter d'avoir à ses côtés Herman Van Rompuy (le président du Conseil européen) qui est une marionnette des gouvernements », a dit M. Cohn-Bendit.

Martin Schulz, le président du groupe S&D, a jugé que la crise en Europe est une crise des États membres. Il s'est dit inquiet de la renationalisation accélérée de la décision au niveau européen, « au détriment de la Commission ». Il faut, selon lui, discuter surtout du rôle de M. Van Rompuy. « Les 17 chefs d'État et de gouvernement de la zone euro se déclarent gouvernement économique. Mais ce n'est pas écrit dans les traités. Et où est-ce écrit que M. Van Rompuy est le président du gouvernement économique. Et devant qui M. Van Rompuy justifie-t-il ses actions exécutives qu'il n'a pas dans le cadre du traité ! , s'insurge M. Schulz. (LC)

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