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Bulletin Quotidien Europe N° 10461
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) pe/commerce

Le Parlement déçu par la stratégie de la Commission

Strasbourg, 27/09/2011 (Agence Europe) - La dimension sociale et la responsabilité des entreprises, la création d'emplois, les dimensions environnementale et climatique, la protection des intérêts des consommateurs, les droits de l'Homme et la promotion de l'État de droit, la politique agricole et la politique industrielle, la sécurité énergétique sont autant d'aspects sur lesquels la stratégie commerciale lancée en 2010 par la Commission déçoit au Parlement européen, tous groupes politiques confondus, qui exige sa révision d'ici l'été 2013.

Dans une résolution adoptée en plénière par 526 voix pour, 108 voix contre et 9 abstentions, mardi 27 septembre à Strasbourg, sur la base du rapport de l'Allemand Daniel Caspary (PPE), le Parlement manifeste clairement sa déception. « Le Parlement espérait se voir communiquer une vraie stratégie commerciale pour l'avenir, prenant en compte les évolutions à moyen et long termes et ne reposant pas sur la fausse hypothèse d'un maintien du statu quo sur la scène du commerce mondial », soulignent les députés, qui demandent donc à l'exécutif européen de présenter d'ici 2013 une stratégie « tournée vers l'avenir, novatrice ». La cohérence attendue à long terme doit notamment l'aider à répondre aux défis lancés par les pays émergents. Le Parlement attend aussi une
« analyse minutieuse » des tendances actuelles du commerce international, comme de la diversité des entreprises de l'UE, afin de dresser un « état du commerce mondial », dans une perspective de planification politique pour les 20 ans qui viennent. Ce qui permettrait de définir les ambitions de la Commission concernant ses relations commerciales bilatérales sur cette période, ainsi qu'une stratégie géographique distincte, dotée de nouveaux objectifs, comme l'élimination des obstacles tarifaires et non tarifaires des pays partenaires.

Une politique commerciale « moderne », cohérente et intégrée, repose, aux yeux du Parlement, sur la prise en considération de dimensions qui font l'objet d'autres politiques, dont les droits de l'homme, les normes sociales et environnementales, qui devraient faire l'objet de clauses dans tout nouvel accord de libre-échange, mais aussi le changement climatique, la création d'emplois… Le tout en impliquant la société civile.

S'il maintient son soutien à la négociation d'accords bilatéraux de libre-échange, qu'il considère comme des « instruments importants » d'accès au marché, le Parlement continue de privilégier l'approche multilatérale au sein d'une OMC dont le fonctionnement doit être réformé. Il demande aussi que des dialogues avec les grands partenaires commerciaux tels les États-Unis, la Chine, le Japon et la Russie « débouchent sur des résultats plus nombreux et de meilleure qualité », en particulier sur l'élimination des obstacles non tarifaires, l'ouverture des marchés publics, et la protection de la propriété intellectuelle, trois aspects sur lesquels l'UE est aussi appelée à progresser avec l'ensemble de ses partenaires commerciaux, en particulier les pays émergents. Pour compenser les risques de son ouverture au monde, l'UE doit aussi faire appel à des instruments de défense commerciale efficace, précise le Parlement, qui demande aussi une protection efficace de ses investissements directs étrangers, ainsi que de ses activités de services. Enfin, les députés réclament un approvisionnement durable et non faussé en matières premières, et une protection adaptée des droits de propriété intellectuelle, industrielle et commerciale, qui tienne aussi compte des intérêts des plus pauvres. (EH)

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