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Bulletin Quotidien Europe N° 10461
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) pe/Économie

Juncker, exclure un pays de l'Eurozone ne réglera rien

Bruxelles, 27/09/2011 (Agence Europe) - C'est un président de l'Eurogroupe combatif qui est apparu devant les eurodéputés pour débattre de la crise de la dette souveraine, mardi 27 septembre à Strasbourg. Jean-Claude Juncker s'est inscrit en faux contre les voix appelant à une sortie de la Grèce de la zone euro. L'Europe devra faire plus pour sortir de la crise de la dette souveraine en menant une politique qui allie consolidation budgétaire et croissance économique, a-t-il estimé. Et de plaider pour la relance de la méthode communautaire qui devrait être replacée au centre de la réflexion sur le renforcement de la gouvernance économique. Même si cette méthode perd de son efficacité lorsqu'une crise éclate.

Grèce. À Jan Zahradil (CRE, tchèque) qui l'interrogeait sur la probabilité que la Grèce sorte de l'Eurozone, M. Juncker a été très clair: « Je suis tout fait opposé à l'idée qu'un ou deux pays membres de la zone euro soient contraints à quitter l'Eurozone. Cela accroîtrait les problèmes pour les pays concernés, la zone monétaire et au-delà ». Sur la situation en Grèce, il a estimé que la 6ème tranche de 8 milliards d'euros comprise dans le 1er programme grec sera versée si le rapport de la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) indique que le pays a pris les bonnes décisions pour respecter les engagements économiques et budgétaires fixés dans son programme d'austérité.

Par contre, lundi 3 octobre, « l'Eurogroupe ne prendra aucune décision », a estimé son président car la 'troïka', qui, selon M. Juncker, devait reprendre ses travaux à Athènes mardi ou mercredi, n'aura pas remis son rapport ou les ministres des Finances de la zone euro n'auront pas eu le temps d'analyser le rapport. M. Juncker a indiqué que les ministres continueront à affiner les détails de la mise en place des décisions prises fin juillet lors du sommet de l'Eurozone. Comme la question des garanties que la Finlande réclame à la Grèce en échange de sa contribution financière. « Il n'y a plus de temps à perdre »: il est essentiel que, d'ici « mi-octobre », tous les instruments soient en place, a-t-il souligné. Sur dix-sept pays, huit ont à ce jour ratifié les modalités du 2ème programme grec et l'extension de la flexibilité du fonds européen de sauvetage, la Facilité EFSF (EUROPE n°10460). Le Bundestag allemand se prononce jeudi 29 septembre.

Que dire aux citoyens des pays du Nord de l'Europe, comme les Allemands, qui ont l'impression de payer pour les erreurs commises par les Européens du Sud ? M. Juncker a plaidé pour un discours de « vérité ». « Les Allemands ne sont pas égoïstes ! », a-t-il considéré, convaincu qu'un effort supplémentaire de pédagogie est nécessaire pour faire comprendre à ces citoyens qu'il est de leur intérêt de maintenir une zone euro unie.

Gouvernance économique. Au nom du groupe PPE, le Français Joseph Daul a estimé que l'Europe a fait « trop peu et trop tard ». C'est vrai, face à la crise, l'Europe a réagi à « pas de sénateur », a reconnu le président de l'Eurogroupe, en rappelant le grand écart entre le temps démocratique sur lequel les Dix-sept légitiment leur action et le temps des marchés financiers. « Il faudra faire plus », c'est-à-dire bâtir une politique qui concilie l'assainissement des finances publiques et la croissance. La réforme du Pacte de stabilité et de croissance, qui sera votée ce mercredi, tient compte de ces impératifs.

Appelant la génération au pouvoir à retrouver l'« enthousiasme » et « l'ambition » des Pères fondateurs de l'Europe, M. Juncker a plaidé pour une réforme profonde de la façon dont l'euro est géré. Pour lui, cette réforme devra se baser sur la méthode communautaire, même s'il a concédé que cette méthode n'est plus opérationnelle en temps de crise. Et de décliner sa conception « assez large » de la gouvernance économique qui englobe des règles communes dans les domaines économique, budgétaire, fiscal, et aussi social.

Guy Verhofstadt (ADLE, belge) a mis en garde contre la tentation des Européens de créer de nouveaux « bidules institutionnels » qui ne résoudront rien. Pour Daniel Cohn-Bendit (Verts/ALE, allemand), il faut donner au commissaire aux Affaires économiques et monétaires les mêmes pouvoirs en matière de gestion de la zone euro que ceux conférés au commissaire chargé de la concurrence.

Contrairement aux leaders des libéraux et des Verts/ALE, M. Juncker, qui n'a jamais cru aux « États-Unis d'Europe », a estimé que la Commission européenne ne devait pas être aux commandes de la zone euro. « La Commission européenne n'a pas vocation à gouverner » car les traités ne le prévoient pas, a-t-il estimé. Et d'ajouter: la Commission propose et il faut respecter son « monopole d'initiative », mais ne pensez pas que les gouvernements, qui sont responsables devant leur parlement national, disparaîtront du jour au lendemain. C'est la raison pour laquelle M. Juncker n'a rien contre le fait que le président du Conseil européen Herman Van Rompuy préside la zone euro, comme le suggèrent l'Allemagne et la France. « Celui qui préside les Vingt-sept peut présider les Dix-sept, si les Dix-sept restent dans les Vingt-sept », a-t-il considéré. Aux chefs d'État de donner les orientations, aux ministres européens des Finances de gérer au quotidien la zone euro. Toutefois, « tout n'est pas possible avec la Commission, rien n'est possible sans la Commission », a reconnu le président de l'Eurogroupe. S'affichant comme « le premier partisan » du renforcement des pouvoirs de l'institution européenne, il a prôné un élargissement de la procédure décisionnelle de codécision. (MB).

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