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Bulletin Quotidien Europe N° 10461
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) pe/commerce

Taiwan, vent favorable pour le libre-échange

Strasbourg, 27/09/2011 (Agence Europe) - Issues de plusieurs groupes politiques, de nombreuses voix s'élèvent au Parlement européen en faveur d'un accord de libre-échange pour renforcer les relations entre l'UE et Taiwan, le 14ème partenaire commercial des Vingt-sept. Par crainte de froisser la Chine, la Commission hésite, et envisage plutôt de négocier des accords sectoriels ave Taipeh.

À l'initiative de la Lituanienne Laima Liucija Andrikienë (PPE), du Bulgare Metin Kazak (ADLE) et du Britannique Charles Tannock (ECR), le débat en plénière sur les relations commerciales entre les Vingt-sept et Taiwan, lundi 26 septembre à Strasbourg, a montré un net engouement des députés pour la négociation d'un accord de libre-échange. « Taiwan est un partenaire commercial important, mais notre relation commerciale s'établit bien en deçà de son potentiel. Des gains importants pour les entreprises de l'UE peuvent être attendus en termes d'exportations de biens et services, ainsi que d'investissements directs étrangers », a insisté d'emblée Mme Andrikienë, soulignant le rôle essentiel de Taiwan dans les chaînes d'approvisionnement mondial en matière de TIC, et dont l'UE est fortement tributaire en matière de composants haut de gamme. « Dans le même temps, la structure des exportations de Taiwan ne menace pas les exportations les plus sensibles de l'Europe, comme l'automobile et l'agriculture », a ajouté la députée lituanienne. « L'UE est l'investisseur le plus important sur l'île, avec 1,2 milliard de dollars en 2010. Un accord de 2ème génération avec Taiwan permettrait d'établir des liens avec ses chaînes d'approvisionnement étroitement reliées en Asie et d'assurer un meilleur accès des entreprises de l'UE aux marchés de la région Asie-Pacifique », a renchéri M. Kazak. À leurs yeux, l'UE aurait beaucoup à gagner d'un commerce triangulaire incluant aussi la Chine. En outre, Taiwan jouit d'un statut de territoire douanier indépendant, et est membre de l'OMC depuis 2002 et de l'APEC, où figure la Chine. « Par conséquent, un renforcement des liens économiques bilatéraux ne contredit pas la politique de l'UE d'une Chine unique », a précisé Mme Andrikienë. « Je suis fermement convaincu que l'UE devrait envisager un accord de libre-échange avec Taiwan. Un tel accord est dans l'intérêt de long terme des deux partenaires (…) Taiwan est une démocratie parlementaire avec un marché dynamique et une économie largement orientée vers l'exportation (…) L'UE devrait réagir positivement et juger ce pays uniquement sur ses mérites économiques, sans prendre en considération toute objection politique possible de la Chine », a martelé M. Tannock. Au nom de l'EFD, William Dartmouth est aussi allé de son soutien: « Nous ne devrions pas, nous ne devons pas négliger de futurs accords commerciaux avec Taiwan », a insisté le député britannique.

Malgré l'avance prise par la Nouvelle-Zélande et Singapour, mais aussi l'Inde, l'Indonésie ou encore les Philippines, qui négocient ou envisagent de négocier un pacte commercial bilatéral avec Taipeh, l'UE hésite encore, emmenée par une Commission qui redoute manifestement de froisser Beijing. « Taiwan est notre 14ème partenaire commercial, avec une balance commerciale en sa faveur, tandis que l'UE y est le principal investisseur étranger. Nous souhaitons effectivement renforcer cette relation et la développer (…) Bien que nous n'avons pas d'accord formel avec Taiwan, nous avons un dialogue commercial qui fonctionne bien et permet d'aborder l'avenir de nos relations. En ce qui concerne les relations commerciales de Taiwan avec le monde en général, l'événement le plus récent est la négociation d'un accord-cadre de coopération économique avec la Chine, accord que nous considérons comme un pas en avant positif et important. En effet, une bonne relation entre la Chine et Taiwan est d'une importance capitale tant en termes pratiques que dans le cadre de notre politique d'une Chine unique », s'est contenté de répondre le commissaire à l'Agriculture Dacian Ciolos, au nom de son collègue en charge de la politique commerciale, Karel De Gucht, absent lundi. « Il y a un peu d'hypocrisie et d'hésitation, même dans ce que nous dit le commissaire », a aussitôt déploré Niccolò Rinaldi (ADLE), appelant la Commission à prendre en compte que « Taiwan existe de facto comme un État souverain, est un membre à part entière de l'OMC, commerce avec l'UE et négocie plusieurs accords de libre-échange avec des pays tiers ». En outre, « la Chine répond toujours avec une grande irritation à nos approches avec Taiwan, mais nous pensons aussi qu'elle peut, dans une phase ultérieure, s'adapter avec un certain pragmatisme », a ajouté le député italien. M. Tannock s'est dit déçu que soient seulement envisagés par l'exécutif européen des accords sectoriels dans l'industrie avec Taipeh. Mais le Parlement sera plus avancé sur l'avenir des relations avec Taiwan à l'issue d'une consultation entre la Commission et les autorités taïwanaises le 25 octobre. (EH)

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