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Bulletin Quotidien Europe N° 10459
JOURNÉE POLITIQUE / (ae) ue/onu

Premier discours d'Herman Van Rompuy à l'ONU

Bruxelles, 23/09/2011 (Agence Europe) - Dans son tout premier discours prononcé jeudi 22 septembre devant l'Assemblée générale des Nations unies, le président du Conseil européen est revenu sur l'implication de l'UE dans le monde. « L'Europe vous apporte un message de coopération, de soutien et de partenariat », a commencé le président, enchaînant sur un discours de 18 minutes mêlant français et anglais. « Je suis (…) le premier à travailler à temps plein à rassembler les 27. Cette innovation institutionnelle donne à notre Union une plus grande continuité et cohérence, également vis-à-vis des dirigeants du reste du monde », a-t-il souligné en remerciant l'Assemblée de reconnaître ce changement.

L'espoir. Le président a d'abord voulu donner un message d'espoir en rappelant les « millions » de personnes sorties de la pauvreté dans les économies émergentes ou encore l'indépendance du Sud-Soudan. Il a par ailleurs évoqué « un nouvel espoir, surtout, grâce à la volonté des peuples d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, de prendre le chemin de la démocratie ». Et d'ajouter: « Nous, Européens (…) souhaitons que ce printemps fleurisse », en soulignant l'aide de l'Europe.

Précisant quelques minutes plus tard que « le vent du changement dans toute la région devrait vous aider à sortir de l'impasse », Herman Van Rompuy s'est adressé aux dirigeants israéliens et palestiniens. « Il est maintenant temps pour la politique: pour le dialogue et les négociations. (…) Le temps est venu d'agir. (…) Il y a des risques politiques mais vous devez les prendre, tout comme certains de vos prédécesseurs, en vue d'offrir un avenir meilleur et plus sûr à vos communautés. Le statu quo n'est pas une option ».

L'inquiétude. « Mais à côté de l'espoir, il y a aussi des raisons de s'inquiéter », a indiqué le président, pointant particulièrement du doigt la Syrie, et invitant les États à rejoindre l'Europe pour faire pression sur le régime de Damas. Il a ensuite énuméré d'autres sources d'inquiétude telles que les autres conflits, la famine en Somalie, la sûreté des réacteurs nucléaires, la prolifération nucléaire, le comportement des dirigeants iraniens ou nord-coréens. Il est aussi revenu sur le changement climatique, rappelant les engagements de l'Europe, qu'elle honorera, et invité « le reste des pays industrialisés à se joindre à nous ».

« Face à ces réalités d'espoir et d'inquiétude dans le monde, l'UE prend ses responsabilités. Nous agissons, soutenons les forces de l'espoir, luttons contre les causes d'inquiétude. Et nous le faisons concrètement, avec des moyens et de l'argent », a souligné M. Van Rompuy. « Dans les questions de gouvernance mondiale, l'Europe cherche des solutions ». Il a précisé que l'UE est constructive dans les négociations commerciales, ambitieuse dans les négociations climatiques, ouverte face à la réforme des institutions financières internationales. « Nous ne pouvons simplement pas accepter une impasse à Durban, Doha, Rio ou Cannes », a-t-il expliqué.

Le président a également voulu rassurer ses partenaires en soulignant que si l'UE prend ses responsabilités au niveau international, elle les prend aussi en son sein, « le test le plus sérieux » étant la crise des dettes souveraines de la zone euro, a déclaré le président. « Nous continuerons à faire ce qu'il faut pour préserver la stabilité financière de la zone euro, en travaillant sur plus de gouvernance, de discipline et d'intégration fiscale. (…) ». Il a appelé les grandes économies à faire de même: « Chacun doit balayer devant sa porte en baissant sa dette publique, en stimulant sa demande intérieure ou en alignant les taux de change ».

« Les 500 millions d'Européens refusent le repli sur soi, le 'splendid isolation'. De plus, le monde n'appartient à aucune nation. Ce monde est notre monde, à nous tous », a conclu Herman Van Rompuy. (CG)

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