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Bulletin Quotidien Europe N° 10414
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/bce

Nouvelle hausse des taux d'intérêt

Bruxelles, 07/07/2011 (Agence Europe) - Le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne a décidé à l'unanimité, jeudi 7 juillet, de relever le taux d'intérêt des opérations principales de refinancement de 25 points de base, à 1,50 %. Même chose pour les taux de la facilité de prêt marginal et de dépôt désormais fixés respectivement à 2,25 % et à 0,75 %. Attendue, cette hausse des taux est la deuxième, après celle intervenue en avril (EUROPE n°10354), depuis l'éclatement de la crise financière en 2008.

Cette décision contribuera à maintenir les prévisions en matière d'inflation ancrées sur notre objectif de contenir les taux d'inflation en-dessous mais proches de 2% à moyen terme, a déclaré le président de la BCE, Jean-Claude Trichet. Selon Eurostat, l'inflation annuelle dans la zone euro était de 2,7% en juin. Dans les prochains mois, les taux d'inflation resteront « clairement au-dessus de 2% » en raison des prix élevés de l'énergie et des matières premières, a dit M. Trichet, tout en niant un quelconque engagement préalable des gouverneurs envers une nouvelle hausse des taux d'ici la fin de l'année. Quant à l'impact négatif potentiel d'une hausse des taux d'intérêt sur l'économie des pays 'périphériques' de la zone euro, il a estimé que la stabilité des prix était « essentielle » pour l'économie des dix-sept pays de l'Eurozone.

Crise de la dette souveraine. M. Trichet a réitéré son appel aux États membres en faveur d'une consolidation des finances publiques et de réformes structurelles vigoureuses. « Les mesures qui facilitent la flexibilité salariale, telles que l'élimination de l'indexation automatique des salaires (sur l'inflation), contribueraient à la réalisation des ajustements nécessaires », a-t-il notamment souligné. Selon lui, le respect des engagements pris, que ce soit dans le cadre des procédures ouvertes pour déficit excessif ou des programmes d'austérité négociés par trois pays (Grèce, Irlande, Portugal), est primordial. Être en avance par rapport aux engagements est encore mieux et produit des résultats en termes de croissance et de création d'emplois, a ajouté M. Trichet. Qui a vu de manière positive l'adoption par le Portugal de mesures allant au-delà de son programme, notamment en matière de « privatisation ».

Assailli de questions sur la contribution du secteur privé au second sauvetage grec en cours d'élaboration, le président de la BCE a réitéré l'opposition de la Banque à toute action conduisant à « un défaut sélectif ou à un événement de crédit ». Il a exhorté l'UE à ne pas se démarquer de « la doctrine internationale » dans ce domaine, celle du FMI, selon laquelle toute aide financière doit être soumise à une conditionnalité stricte, viser un retour le plus vite possible du pays concerné sur les marchés financiers et ne pas prévoir a priori une participation du secteur privé, même si une telle implication peut s'avérer possible au cas par cas.

M. Trichet n'a pas souhaité commenter la subite dégradation par l'agence de rating américaine Moody's de la notation financière attribuée au Portugal (EUROPE n°10413). Il a, en revanche, critiqué le caractère « pro-cyclique » du fonctionnement des agences de notation financière ainsi que la structure « oligopolistique » du marché international du rating financier. Deux questions à traiter au sein du Comité de stabilité financière du FMI. Comment sortir de la crise de la dette souveraine ? D'abord en renforçant le Pacte de stabilité et de croissance en allant aussi loin qu'autorise le Traité de Lisbonne et, demain ou après-demain, en réfléchissant aux modalités d'une intégration budgétaire accrue. (M.B.)

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