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Bulletin Quotidien Europe N° 10412
JOURNÉE POLITIQUE / (ae) ue/mÉditerranÉe

Le vœu d'un nouveau départ pour l'UpM

Bruxelles, 05/07/2011 (Agence Europe) - Youssef Amrani, nouveau secrétaire général de l'UpM (Union pour la Méditerranée) formellement en activités depuis le 1er juillet, a été officiellement installé dans ses fonctions mardi 5 juillet à Barcelone en présence de personnalités européennes, dont le co-président de l'institution commune, Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères.

La France entend souligner à cette occasion son intérêt pour une réactivation de l'UpM, en panne depuis l'invasion de Gaza fin 2008 et après l'affaiblissement de l'intérêt de ses membres. La co-présidence française espère un sursaut et rappelle que « dans les conclusions du Conseil européen du 24 juin, les chefs d'État et de gouvernement avaient rappelé l'importance que revêt l'UpM et leur souhait que soient lancés rapidement des projets concrets et d'envergure ». Ces projets sont jugés « plus que jamais indispensables dans le contexte du 'printemps arabe' et de l'ensemble des événements en cours dans les pays du Sud de la Méditerranée ».

La co-présidence affirme que la prise de fonctions de M. Amrani constitue « la première étape de la relance » souhaitée. « Doté d'une équipe complète et d'un budget consolidé (à hauteur de 6,3 millions d'euros pour 2011), le secrétariat général pourra se concentrer sur des projets mobilisateurs et contribuer ainsi à la modernisation des pays méditerranéens, en particulier dans les domaines de l'économie (aide aux PME), de l'énergie (plan solaire méditerranéen), des solidarités concrètes (protection civile, lutte contre les incendies) ainsi que de la mobilité (notamment des jeunes et des étudiants). Il lui reviendra d'identifier, de hiérarchiser et de trouver les financements nécessaires à ces projets ».

M. Amrani, dans une interview lundi à El Païs, compte, lui aussi, sur le nouveau contexte dans lequel l'UpM « peut accompagner le changement » et notamment vers une intégration Sud-Sud, « l'Europe a besoin d'avoir face à elle un interlocuteur unique ». Sa tâche principale sera de « consolider l'institution » et de « faire qu'elle soit respectée, utile, et en mesure d'appliquer des politiques et de réaliser des projets afin que l'espace euro-méditerranéen devienne une réalité grâce à la conjugaison des efforts menés au sein de l'UpM et dans la politique européenne de voisinage». Il estime que « les processus de réforme voulus seront inévitablement accompagnés par des processus d'intégration régionale ». L'UpM peut, dit-il, jouer un rôle important dans cette voie. Il estime aussi que la « démocratie et l'intégration régionale iront de pair, en Méditerranée comme ce fut le cas en Europe ». Mais il rejette l'idée de sanctionner les pays qui vont en sens contraire. « Le temps où l'Europe donnait des certificats de bonne conduite est révolu », l'époque est « au dialogue et au consensus ». Il plaide pour que soit facilitée la mobilité qu'il appelle à ne pas confondre avec l'immigration. Sur le rôle de l'UpM dans le processus de paix, il estime qu'elle n'est pas le cadre approprié mais qu'elle est un cadre de rencontre qui peut favoriser le dialogue. (F.B.)

 

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