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Bulletin Quotidien Europe N° 10412
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/drogues

Lutter ensemble contre les substances psychoactives

Bruxelles, 05/07/2011 (Agence Europe) - Les substances psychoactives sont un danger pour la santé et doivent faire l'objet d'un contrôle, voire d'une interdiction de la part de l'Union européenne car il est difficile pour les États membres d'agir seuls, ont déclaré les députés du PPE Oana Antonescu (Roumanie) et Boguslaw Sonik (Pologne) à l'issue d'une audition organisée par leur groupe le 29 juin dernier.

De nouvelles substances psychoactives sont fabriquées chaque année pour imiter les effets des drogues proscrites comme la cocaïne, l'héroïne, la marijuana ou l'ecstasy. Europol et l'Observatoire européen des drogues ont identifié 13 substances en 2008, 24 en 2009 et 41 en 2010. Les ventes actuelles de ces drogues se chiffrent à des dizaines de millions d'euros et celles-ci sont disponibles soit en ligne soit auprès de « dreamshops », des boutiques qui vendent des plantes soi-disant ethno-botaniques. Ces substances ne sont pas encore interdites comme stupéfiants illégaux et, malgré les tentatives pour les contrôler, leur usage se propage auprès des jeunes. Avec pour conséquence des hospitalisations qui se multiplient suite aux effets secondaires produits par ces drogues (nausées, vertiges, hallucinations).

« De nombreux enfants viennent à l'hôpital dans des états très graves. Nous avons donc besoin de mesures strictes. Les États nationaux ne peuvent pas gérer la problématique eux-mêmes », a déclaré la députée Antonescu. Son homologue Boguslaw Sonik a rappelé que le Conseil a demandé au début de l'année que la Commission évalue la directive de 2005 sur l'échange d'informations, l'évaluation des risques et le contrôle des nouvelles substances psychoactives et indiqué que la présidence polonaise comptait avancer sur ce dossier afin d'aboutir à une politique unifiée au niveau européen.

Sur les 41 nouvelles substances identifiées l'an dernier, la plupart ont été proscrites ou contrôlées, mais face à la rapidité avec laquelle les laboratoires illégaux, en particulier en Asie du Sud-Est, développent de nouveaux composés, les autorités ont du mal à suivre. L'observatoire européen appelle dès lors les autorités nationales à se procurer de nouveaux composés pour les analyser et les synthétiser, et devancer ainsi les fournisseurs. Pour Oana Antonescu, « il serait peut-être plus efficace de trouver des solutions légales pour interdire ou contrôler l'utilisation de ces substances. Nous avons besoin d'une approche différente. Il n'est pas forcément nécessaire d'interdire ces substances une par une ; interdire un groupe ou une famille de substances pourrait s'avérer plus efficace pour résoudre le problème ».

En automne, la Commission doit proposer de nouvelles mesures pour lutter contre ces substances hallucinogènes. Les participants à l'audition espèrent que la Commission entendra leur appel car il est urgent d'agir, selon eux, notamment pour protéger la jeunesse européenne. (I.L.)

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