Varsovie, 05/07/2011 (Agence Europe) - « La politique agricole commune n'est commune que de nom ». C'est ainsi que le ministre polonais de l'Agriculture, Marek Sawicki, a commencé à présenter sa vision de la réforme de la politique agricole commune (PAC), samedi 2 juillet, devant des journalistes européens invités à Varsovie. Une réforme qui est attendue d'ici la fin de 2013 et dont les maîtres mots sont la réduction des coûts et la simplification. La Commission européenne devrait proposer, avant le Conseil Agriculture des 20 et 21 octobre, un paquet législatif sur la réforme de la PAC. Pour le ministre polonais, « il y a 27 différentes politiques agricoles, plus toutes les politiques locales, comme en France ou en Allemagne », ce qui engendre une situation qui « perturbe la concurrence sur le marché unique ». Pour illustrer ses propos, le ministre Sawicki a donné l'exemple de la différence dans le montant des paiements directs par hectares entre les États baltes, environ 90 €, et l'Allemagne, plus de 400 €. Dans une telle situation, « comment peut-on alors rester concurrentiel sur un tel marché qui se veut unique », s'interroge-t-il.
Ainsi, une des priorités pour le gouvernement polonais durant les six prochains mois sera « d'identifier une base pour un accord sur un nouveau système de paiements directs, fondé sur des critères objectifs et non historiques », énonce le programme officiel de la présidence. Cette position vise à rééquilibrer les subventions agricoles en faveur des nouveaux membres de l'Est de l'Europe. Sont visées la France et la Grande-Bretagne, qui privilégient une « approche conservatrice », selon les mots du ministre polonais. Ces critères objectifs énoncés dans le programme polonais correspondent à la surface des terres agricoles « complétée par des paiements pour les zones difficilement exploitables », a précisé le ministre Sawicki, tout en ajoutant que le niveau global des aides directes devrait baisser pour dégager des ressources pour les investissements dans la recherche et le développement des exploitations. « Un agriculteur actif ne fait pas que produire. L'agriculteur développe son exploitation en cherchant à innover » et c'est pour cette raison que les programmes de développement rural devraient être plus favorisés. S'exprimant sur l'exemple des biotechnologies, le ministre Sawicki a affirmé que « l'Europe a un retard de 30 ans sur les États-Unis ». Le système actuel connaît des dérives qui freinent justement le développement des exploitations, car de nombreux agriculteurs reçoivent plus de paiements à travers les aides directes que de la vente de leurs productions. « Les paiements directs ne sont pas là pour garantir la paix sociale », a déclaré le ministre polonais. Le choix des actions à privilégier dans le second pilier de la PAC devrait être libre pour les États membres, a-t-il ajouté. (J.K.)