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Bulletin Quotidien Europe N° 10412
JOURNÉE POLITIQUE / (ae) ue/soudan

L'UE préoccupée par le conflit au Soudan à l'aube de l'indépendance

Bruxelles, 05/07/2011 (Agence Europe) - Catherine Ashton, Haute représentante pour l'Union, a exprimé son inquiétude au sujet des combats se déroulant sur la frontière entre Nord et Sud Soudan, quelques jours seulement avant que le Sud ne se sépare du Nord pour devenir un nouveau pays. Lors d'un entretien avec le ministre des Affaires étrangères soudanais Ali Karti, Mme Ashton s'est dite « réellement préoccupée par les rapports sur ce qui est en train de se passer dans le Sud-Kordofan, et plus particulièrement de l'impact sur les civils », selon une déclaration rendue publique mardi 5 juillet. Dans cet état marqué par les divisions ethniques, les combats entre l'armée soudanaise et les miliciens Nuba se sont intensifiés à quelques jours seulement de la cérémonie d'indépendance, prévue pour samedi, à laquelle se rendra Mme Ashton. Elle a exhorté toutes les parties à conclure un accord de cessez-le-feu dès que possible. D'autre part, elle a insisté sur l'importance de la présence continue de gardiens de la paix de l'ONU dans les deux pays, après la déclaration d'indépendance du Sud, 9 juillet.

L'Union européenne est prête à apporter une aide généreuse au Soudan, mais elle doit faire face à des défis colossaux. L'objectif global est de réduire la pauvreté et de renforcer la sécurité dans la Corne de l'Afrique, notamment pour empêcher l'instabilité, qui peut se traduire par des actes terroristes, de gagner les capitales de l'UE. Tout conflit prolongé au Soudan (plus grand pays africain, possédant du pétrole dans le Sud et où deux millions de personnes ont péri durant les décennies de guerres civiles) pourrait constituer un obstacle à la stabilité dans la région. La Commission s'est engagée à aider le Nord et le Sud à construire leurs institutions et vivre pacifiquement. L'UE les aidera à combattre la pauvreté et coordonner l'aide internationale pour le Sud, sous la direction des Nations unies, ainsi qu'à étudier les façons de soulager la pression de la dette. Si la demande était formulée, l'UE serait également en mesure d'aider le Sud Soudan à former une force de police et mettre en place un système douanier, a déclaré un fonctionnaire européen. « Il reste encore de nombreux défis à affronter et la situation actuelle du Soudan demeure plus instable que l'on pourrait le souhaiter », a averti le fonctionnaire.

L'UE a déjà fourni 350 millions d'euros pour le développement et la prévention des conflits au Nord et au Sud Soudan. Aider à la construction d'un nouvel État dans le sud nécessitera des années, toutefois, avec la menace du conflit, le processus est également une course contre la montre. « Il faut des victoires rapides au Sud Soudan », a affirmé un fonctionnaire de la Commission européenne. Il a expliqué que l'UE et les bailleurs de fonds travailleraient côte à côte pour arriver à des résultats et, dans le même temps, créer la capacité nécessaire à l'absorption des fonds d'aide. L'UE tient également à ne pas aliéner le nord du Soudan. Le fait que Khartoum n'ait pas ratifié l'accord de Cotonou, avec les provisions concernant les droits de l'Homme et la reconnaissance de la Cour pénale internationale (CPI), signifie néanmoins que la Commission ne peut pas fournir d'aide issue de ses fonds pour le développement. Des fonctionnaires ont affirmé qu'ils attendaient du Sud Soudan qu'il ratifie l'accord. (LoC)

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