Bruxelles, 30/06/2011 (Agence Europe) - L'adoption définitive par le parlement grec, jeudi 30 juin, de la législation qui mettra en œuvre la stratégie budgétaire à moyen terme et orchestrera le programme de privatisation censé rapporter 50 milliards d'euros ouvre la voie au versement de la tranche d'aide de 12 milliards d'euros prévue dans le programme grec actuel. L'Eurogroupe devrait décider en ce sens dimanche 3 juillet. Il s'engagera aussi à finaliser un 2ème sauvetage financier d'environ près de 110 milliards d'euros.
Les présidents de la Commission européenne M. Barroso et du Conseil européen M. Van Rompuy ont qualifié d'« acte de responsabilité nationale » ce second vote consécutif à l'adoption, la veille, de la stratégie budgétaire 2011-2015, dans un communiqué conjoint (EUROPE n°10408). « Les conditions sont désormais réunies pour une décision sur le versement de la prochaine tranche d'assistance financière à la Grèce et pour un progrès rapide vers un deuxième paquet d'aide », considèrent-ils. « Nous réitérons notre soutien et notre solidarité indéfectibles envers le peuple grec », ajoutent-ils, tout en réitérant leur appel « à tous les partis politiques » d'œuvrer ensemble afin d'affronter les défis auxquels le pays est confronté.
Le deuxième plan d'aide à la Grèce impliquera une participation 'volontaire' du secteur privé sur la base du principe d'un refinancement d'une partie de la dette grecque arrivant à échéance (principe du 'roll over'). Lors d'un dialogue monétaire avec le Parlement européen (voir autre nouvelle), le président de la BCE Jean-Claude Trichet a réitéré la position de l'institution européenne en faveur d'une participation « volontaire » du secteur privé et qui n'entraîne pas de défaut de la Grèce. La BCE ne participera pas à cette initiative. Selon lui, « l'ajustement du pays est la première chose à faire », la deuxième étant le lancement des privatisations. Et pour cela, la Grèce a « un atout », a estimé M. Trichet, car les sommes en jeu pourraient atteindre 20% du PIB national. Sans toutefois répondre aux questions d'eurodéputés qui l'interrogeaient sur le risque que ces privatisations rapportent moins que prévu car menées sous la pression. (M.B.)