Bruxelles, 30/06/2011 (Agence Europe) - Une réunion organisée par l'ONU a eu lieu les 28 et 29 juin à Bruxelles pour débattre du « rôle de l'Europe dans la promotion de la création d'un État palestinien et l'instauration de la paix entre les Israéliens et les Palestiniens ». Les discussions ont amené à faire le bilan des efforts faits par l'Europe au cours de ces 20 dernières années pour promouvoir l'instauration de la paix entre Israéliens et Palestiniens. L'accent a été mis sur la difficulté pour l'UE d'agir activement compte tenu des différences d'avis entre ses États membres.
« Une Europe parlant d'une seule voix dans le processus de paix n'existe pas », a déploré la députée européenne Véronique De Keyser (S&D, Belgique). Elle observe qu'un « jeu subtil » européen existe au sujet du Proche-Orient, axé sur une somme de tabous politiques (notamment la non sanction d'Israël) que rompt toutefois le Parlement européen, nettement plus engagé. En tout cas, son groupe (socialiste) poussera, selon l'eurodéputée, pour des négociations de paix car il s'agit, a-t-elle dit, en substance, d'un objectif pour les Palestiniens, pour les Israéliens et pour l'ensemble de la communauté internationale. L'État palestinien est aussi un objectif, a-t-elle ajouté, en émettant l'espoir que l'Europe trouve sa propre voix sur cette question. Face aux « révolutions arabes » et à l'immense effort des Palestiniens, elle a estimé qu'il ne faudrait pas continuer à suspendre cette solution car elle constitue une manière non violente de donner à un peuple l'espoir de terminer une occupation qui n'en finit plus. Les débats ont également mis en avant l'intérêt de la solution des deux États.
Le professeur Neve Gordon, du Département de sciences politiques à l'Université Ben Gourion, a toutefois mis en doute la viabilité d'une telle solution, à cause, a-t-il affirmé, des implantations incessantes dans le territoire palestinien occupé. Il a plaidé pour un modèle démocratique binational de type fédéral où Israéliens juifs et Palestiniens partageraient le pouvoir. « On peut rendre la terre aux Palestiniens s'il y a signature d'un accord entre les parties mais si cette terre est peuplée de centaines de milliers de personnes, cela devient difficile. On peut donc en conclure que, simultanément, Israël était en train d'adopter des politiques qui mettraient en cause tout accord », a-t-il ajouté. Il a cependant plaidé pour la solution d'un État démocratique binational, basé sur une forme de gouvernement fédéral où Israéliens juifs et Palestiniens partageraient le pouvoir sous une forme libérale de la séparation des pouvoirs. Ce modèle devrait prendre en compte le respect de part et d'autre de l'identité de chacun, notamment la langue, la culture et la religion.
L'ancien membre du gouvernement de Tony Blair et ancienne parlementaire, Clare Short, l'estime également impossible en raison de son rejet par Israël et du peu de soutien par Washington. L'UE va d'échec en échec dans ce dossier, a-t-elle soutenu. Elle a estimé, au cours des débats, que la position européenne dans le conflit est tragique car elle agit en violation de ses propres traités qui appellent au respect du droit international et des principes fondamentaux en matière des droits de l'homme. Face au 'printemps arabe', le moment d'une solution à la question palestinienne n'est pas seulement juste mais inévitable, a estimé Mme Short. (F.B.)