Bruxelles, 30/06/2011 (Agence Europe) - Satisfaction pour la taxe Tobin proposée, déception pour le montant et le manque d'ambition: les réactions des défenseurs de l'environnement et du développement aux propositions de la Commission sur les prochaines perspectives financières (2014-2020) sont mitigées.
Au Parlement européen, les Verts/ALE saluent la proposition de créer de nouvelles ressources propres par une taxe sur les transactions financières - une innovation « cruciale » et « une demande de longue date » de leur groupe, font-ils valoir - mais déplorent que la Commission cherche à « présenter un gel du budget comme une augmentation ». Selon Helga Trüpel (Verte, Allemagne), porte-parole du groupe pour le budget, «la Commission a saisi le taureau par les cornes en proposant un nouveau système de ressources propres. C'est le seul moyen de garantir une véritable planification budgétaire et de mettre un terme aux querelles annuelles et contre-productives sur le budget ». Elle affirme que la taxe sur les transactions financières « permettra de s'attaquer aux excès du secteur financier ». Bas Eickout (Vert, Pays-Bas), rapporteur fictif appelle de ses voeux un débat « honnête » sur le budget qui soit « fondé sur la transparence et non sur la chicanerie ».
Du côté des ONG environnementales, BirdLife Europe salue plusieurs éléments positifs - le fait que 30% des subventions de la PAC soient liées à des engagements verts, la réorientation des fonds de la pêche en faveur du soutien de la pêche durable et de la conservation de l'environnement marin, ainsi que le contrôle des investissements de la politique de cohésion à l'aune de l'environnement et du changement climatique, mais déplore un manque d'ambition. « Au lieu d'un pas courageux vers la suppression des subventions perverses et des investissements dans un avenir durable, le budget étrangle les programmes environnementaux », déplore Angelo Caserta, directeur régional de BirdLife Europe. Comme le WWF, l'ONG déplore en revanche que: - la part du budget pour le développement rural ne sera pas accrue, voire enregistrera une perte nette en termes réels tandis que les subventions non ciblées dans le pilier 1 ne seront réformées que partiellement ; - en dépit d'une augmentation minime de sa dotation, LIFE, le seul instrument financier pour l'environnement, ne bénéficiera que de 0,31% du budget ; - aucun objectif financier n'ait été clairement établi pour les investissements en faveur de la biodiversité et du climat. Cela, alors même que la perte de biodiversité pourrait coûter plus d'1 trillion d'euros à l'Europe d'ici à 2050 et que le coût estimé de la gestion du réseau Natura 2000 est de 6 milliards par an (et pourrait coûter moins d'un quart du coût estimé de l'inaction).
Les ONG de développement comme Oxfam et la CIDSE applaudissent au « veritable leadership » dont a fait preuve la Commission en faisant sienne l'idée d'une taxe sur les transactions financières, mais elles font observer qu'une telle taxe n'aura le soutien populaire que si les recettes générées sont utiliséees pour s'attaquer à la pauvreté et au changement climatique, et non pas pour être englouties dans le budget général de l'UE. (A.N.)