Bruxelles, 30/06/2011 (Agence Europe) - Pour le commissaire Oettinger, la sortie du nucléaire en Allemagne à l'horizon 2022 requiert une coordination accrue à l'échelle européenne, pour éviter une trop forte volatilité des prix de l'électricité, mais aussi pour garantir la stabilité des réseaux.
L'Allemagne doit coordonner sa sortie prévue de l'énergie nucléaire avec ses partenaires européens, a fait valoir Günther Oettinger, lors d'une conférence sur l'énergie, jeudi 30 juin à Berlin. Plusieurs États membres de l'UE, la France en tête, n'ont pas manqué de critiquer la décision prise par le gouvernement de la chancelière allemande Angela Merkel, sans consulter les autres capitales, de se passer de l'énergie atomique en fermant ses 17 centrales d'ici 2022 - 8 sont déjà fermées, 9 autres le seront progressivement à partir de 2015. En sus du risque d'une plus forte volatilité des prix de l'électricité, décrié par les capitales, le commissaire à l'Énergie met en exergue le risque pour la stabilité des réseaux. Aussi plaide-t-il pour une coordination accrue à l'échelle européenne dans l'exercice de modernisation et d'extension des infrastructures de réseaux, nécessaire pour assurer les interconnexions et, partant, garantir davantage de sécurité énergétique aux Européens. « Le futur super réseau électrique aura une dimension paneuropéenne et l'expansion des renouvelables sera le moteur de ce développement. Il nous faut coordonner l'extension du réseau au niveau européen », a-t-il ajouté.
Le commissaire à l'Énergie a aussi suggéré un prélèvement d'un euro cent par kilowattheure sur les prix de l'électricité en Allemagne pour financer l'extension des réseaux du pays et favoriser ainsi l'intégration rapide au réseau de l'énergie produite par les renouvelables. « Le seul argument politiquement motivé pour une hausse supplémentaire des prix de l'électricité est l'extension des réseaux », a estimé M. Oettinger, conscient que les prix de l'électricité en Allemagne sont déjà gonflés par des taxes et prélèvements qui expliquent 47% de leur niveau. Le commissaire a ajouté que le financement de la modernisation et l'extension des réseaux avec ce prélèvement ont davantage de rationalité économique que les subventions à l'énergie solaire, qui ne produit qu'une petite fraction de l'électricité en Allemagne, malgré des installations photovoltaïques supplémentaires ces dernières années. (E.H.)