Bruxelles, 21/06/2011 (Agence Europe) - Le commissaire De Gucht a plaidé mardi à Washington pour la conclusion, à la conférence ministérielle de l'OMC en décembre, d'un paquet de compromis a minima sur le round de Doha, reposant sur des mesures en faveur des pays les moins avancés et sur « un équilibre approprié de concessions » entre les autres pays, en particulier entre les États-Unis, l'UE, le Brésil, la Chine et l'Inde.
« Abandonner Doha n'est pas une option. Ce que nous pourrions probablement voir sont des années d'errance à l'OMC et une érosion grave de la légitimité de l'ensemble du système de règles structurant l'ouverture des marchés, que l'UE et les États-Unis ont construit durant les 60 dernières années. L'OMC est de loin l'élément le plus efficace de la gouvernance mondiale, elle mérite donc une grande attention », a insisté Karel De Gucht devant la US Chamber of Commerce, mardi 21 juin à Washington. « Je ne plaide pas pour le business as usual, en particulier après une nouvelle panne il y a deux mois, et ce en dépit d'une proposition de compromis européenne sur les accords sectoriels dans l'industrie (NAMA). Une nouvelle approche dans les négociations de Doha est clairement nécessaire pour fournir des résultats. Je pense que la notion de ficeler un paquet intérimaire des concessions - un acompte, si vous voulez - d'ici la fin de cette année est la meilleure manière de prouver que des résultats peuvent après tout être réalisés. Ceci pourrait alors ouvrir la voie à la conclusion du reste du round dès que les conditions politiques le permettront, et cela ne se produira pas avant les élections présidentielles aux États-Unis », a lancé le commissaire, devant les représentants du milieu américain des affaires. « Sans entrer dans les détails au sujet du contenu d'un paquet possible en décembre, laissez-moi juste dire que l'OMC doit concrétiser sur l'aspect développement pour ses membres les plus pauvres - les pays les moins avancés - tout en assurant un équilibre approprié de concessions entre le reste des pays membres, en particulier entre les États-Unis, l'UE, le Brésil, la Chine et l'Inde. L'attention doit maintenant se concentrer sur ce qui peut être atteint de manière réaliste d'ici la fin de l'année. La dernière chose dont l'OMC a besoin est une nouvelle panne ! », a conclu M. De Gucht, en appelant les États-Unis et l'UE à « prendre le leadership pour décrocher un paquet de compromis a minima en décembre ». (E.H.)