Luxembourg, 21/06/2011 (Agence Europe) - Augmentation de la population mondiale, urbanisation, pollution, surexploitation, désertification et changement climatique: ces menaces pèsent de plus en plus lourdement sur les ressources en eau dont la raréfaction préoccupe les ministres de l'Environnement des 27 et justifient, à leurs yeux, une véritable politique de gestion durable et intégrée de l'eau au sein de l'UE pour parfaire les progrès réalisés jusqu'ici grâce à un arsenal juridique bien fourni (notamment la directive cadre sur l'eau 2000/60/CE, la directive cadre 2008/56/CE 'stratégie pour le milieu marin', et l'initiative pour l'eau). Cela, d'autant que les phénomènes hydrologiques extrêmes survenus au cours des dernières années sont susceptibles d'être aggravés par le changement climatique.
Les conclusions unanimes adoptées mardi 21 juin à Luxembourg par le Conseil Environnement sur cette priorité de la présidence hongroise sortante saluent l'intention de la Commission de proposer en 2012 (probablement à la mi-2012) une réponse à ce défi via un programme destiné à sauvegarder les ressources en eau de l'Europe. Ce programme devrait tenir compte du « bilan de qualité » de l'action dans le domaine de l'eau, et la Commission devrait évaluer l'efficacité et la mise en œuvre de la politique et de la législation en vigueur dans l'UE, précise le Conseil.
Les 27 estiment que les phénomènes météorologiques extrêmes devraient être gérés de manière intégrée par des politiques traitant de l'aménagement du territoire, de l'agriculture, de la préservation de la nature et des infrastructures. Des mesures de rétention naturelle des eaux (comme le reboisement, la restauration des plaines d'inondation et le développement des zones humides) peuvent souvent constituer des solutions financièrement intéressantes et présenter des avantages environnementaux supplémentaires, par exemple pour la protection de la biodiversité.
Le Conseil estime que les préoccupations relatives à l'eau doivent être intégrées dans les politiques de l'UE et que les aspects liés à la gestion de l'eau doivent être mieux intégrés dans la politique de cohésion, des transports, de l'énergie, du climat, dans la politique maritime, la politique commune de la pêche et la politique agricole commune (l'agriculture étant l'un des principaux secteurs utilisateurs d'eau et un contributeur important à une pollution ponctuelle et diffuse de cette ressource). La future politique de cohésion de l'UE devrait donc prendre en compte comme il convient les futurs besoins en infrastructures dans le domaine de l'eau, et les objectifs de la politique de l'eau devront être mieux intégrés dans la prochaine réforme de la PAC.
Le Conseil insiste sur la valeur économique des multiples services fournis par les masses d'eau et souligne la nécessité de protéger les écosystèmes aquatiques mis à mal par les phénomènes hydrologiques extrêmes et les activités humaines (urbanisation, agriculture, sylviculture, industrie).
Conscient de la nécessité d'améliorer l'interface entre la science et la politique, le Conseil invite la Commission européenne à étudier la mise en place d'un partenariat pour l'innovation dans le domaine de l'eau et à élaborer une feuille de route pour la recherche concernant l'eau dans le prochain programme-cadre de recherche de l'UE. Le Conseil insiste aussi sur la nécessité de continuer, au niveau de l'UE, à développer le système WISE (Water Information System for Europe) et de disposer d'indicateurs de viabilité/vulnérabilité des ressources en eau, qui soient simples et communs.
Compte tenu de la dimension transfrontière de nombreux bassins hydrographiques dans l'UE, le Conseil invite la Commission à poursuivre les négociations visant la conclusion d'accords internationaux de coopération entre certains États membres de l'UE et les pays tiers riverains des mêmes bassins hydrographiques européens. (A.N.)