Bruxelles, 20/06/2011 (Agence Europe) - La Commission européenne a peut-être trouvé un allié de poids dans la bataille qui s'engage avec les États membres sur le projet de budget de l'UE pour 2012. En adoptant le 15 juin le mandat en vue du trilogue budgétaire du 11 juillet, la commission des budgets du Parlement européen recommande au PE de défendre la hausse de 4,9 % (par rapport à 2011) des crédits de paiement proposée par la Commission européenne dans le projet de budget.
Les arguments de la Commission pour justifier la hausse de 6,2 milliards d'euros du niveau des paiements (à 132,7 milliards d'euros) semblent avoir convaincu les membres de la commission des budgets du PE.
La commission des budgets invite le Conseil à ne pas diminuer les crédits de paiement. En adoptant le rapport de Francesca Balzani (S&D, italienne) sur le mandat en vue du trilogue budgétaire, la commission des budgets du PE souligne que l'augmentation proposée de 4,9 % par rapport au budget 2011 se fonde sur « l'analyse minutieuse et critique » des besoins de financement par la Commission et constitue « le minimum nécessaire » pour honorer les engagements juridiques contractés par l'Union européenne au cours des années précédentes. Les députés mettent en garde le Conseil contre des « coupes budgétaires horizontales » qui seraient réalisées sans avoir procédé à une évaluation des besoins de l'Union. Si les États membres envisagent de telles réductions, les députés leur demandent d'expliquer publiquement et d'identifier clairement quels projets ou priorités politiques de l'UE ils sont prêts à retarder, voire à abandonner.
Pour rappel, les pays de l'UE sont très divisés sur la proposition initiale de la Commission. Neuf pays dits 'contributeurs nets' au budget de l'UE demandent de ne pas augmenter le niveau des crédits de paiement.
Soutien à la stratégie EUROPE 2020 et aux voisins du Sud. La Commission européenne estime que 43,5% du projet de budget contribuent à la stratégie EUROPE 2020. Les députés estiment qu'il s'agit d'un chiffre positif mais insuffisant, et ils demandent dès lors une approche plus ambitieuse dans le financement de cette stratégie. Ils souhaitent également savoir si le budget permettra à l'UE de faire face aux événements qui frappent les pays du sud méditerranéen, notamment au niveau de la gestion de la migration et des situations d'urgence. Ils déplorent que la Commission n'ait pas proposé de moyens supplémentaires pour y répondre.
Le PE votera le 24 juin sur le mandat pour le trilogue.
Le commissaire européen Janusz Lewandowski a déclaré au quotidien allemand Handelsblatt qu'un gel du prochain cadre financier pluriannuel (CFP) au niveau de 2013 n'est pas une option. « Nous ne serions pas en mesure de respecter nos obligations, que les États membres ont aussi acceptées, ni de relever les défis. Geler le budget n'est pas une option car un gel signifierait un déclin nominal important au fil des années, jusqu'à 30 % à l'horizon 2020 », selon le commissaire. (L.C.)