Bruxelles, 20/06/2011 (Agence Europe) - La Commission européenne a revu à la baisse de manière drastique le montant du budget de l'UE consacré au programme 2012 de distribution de denrées alimentaires aux personnes démunies vivant dans l'UE. Elle a décidé le 15 juin d'engager un montant de 113,5 millions d'euros (sont 22,1 millions pour l'Italie, 18 millions pour l'Espagne, 17,3 millions pour la Pologne, ou encore 15,8 millions pour la France), alors qu'un budget de 500 millions d'euros avait été prévu en septembre dernier.
La Cour de justice de l'UE avait estimé le 13 avril dernier que la plus grande part des produits agricoles couverts par le programme d'aide en faveur des démunis doit provenir des stocks publics. Elle avait décrété aussi que les achats sur le marché peuvent être autorisés à certaines conditions qui ne sont pas actuellement réunies. Le montant de 113,5 millions d'euros prévu pour le programme d'aides 2012 correspond donc à la valeur des stocks d'intervention actuellement disponibles (162 000 tonnes de céréales et 54 000 tonnes de lait écrémé en poudre).
La Commission européenne est très attachée à la poursuite de ce programme qui, selon elle, répond aux objectifs de la politique agricole commune (stabilisation des marchés et prix raisonnables pour les consommateurs). Elle a proposé en septembre dernier de revoir le fonctionnement de ce régime d'aide. Elle a proposé qu'à l'avenir le plan d'aide soit établi sur une base tri-annuelle et cofinancé par les États membres (à hauteur de 10 % pour les pays faisant partie de la politique de cohésion et de 25 % pour les autres) dans la limite d'un budget de 500 millions d'euros. Un projet qui a reçu le soutien du Parlement européen, mais qui est bloqué au Conseil des ministres de l'UE par six États membres (Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas, Suède, Danemark, République tchèque). Ces pays font valoir que ce programme d'aide ne dépend plus de la PAC depuis que les stocks publics ont fortement diminué, mais de la politique sociale qui est de la responsabilité de chaque État membre. Il n'y a eu aucune discussion sur ce sujet sous présidence hongroise du Conseil.
L'an dernier, plus de 13 millions de personnes vivant dans la pauvreté ont profité de ce programme d'aide. (L.C.)