Luxembourg, 20/06/2011 (Agence Europe) - L'Algérie et l'UE ont fait, lundi 20 juin à Luxembourg, à l'issue de la 6ème session de leur Conseil d'association, le constat commun d'un relatif bon développement de leur coopération globale, en dépit du mécontentement des entreprises algériennes face à l'ouverture, trop rapide à leurs avis, du marché national. MM. Martony et Füle, respectivement président en exercice du Conseil et commissaire européen au Voisinage et à l'Élargissement ont confirmé au cours de la conférence de presse finale, en présence de Mourad Medelci, en charge de la diplomatie algérienne, que l'UE a admis le devoir de retarder le calendrier de démantèlement tarifaire et des négociations sont en train pour réaménager les étapes du désarmement des protections du marché algérien. L'UE, « consciente des défis posés (…), se déclare prête à poursuivre son soutien à l'Algérie dans cette tâche, en mettant notamment l'accent sur les cinq domaines identifiés dans la 'Feuille de route' agréée en 2008. Dans ce cadre, l'UE invite l'Algérie à poursuivre la réflexion conjointe sur l'avenir de leurs relations en vue de les approfondir et de les renforcer, notamment dans le cadre de la Politique européenne de voisinage ». Elle souhaite aussi définir avec l'Algérie de « nouvelles perspectives pour l'agenda commercial bilatéral » et lui promet un soutien pour son admission à l'OMC mais l'invite à des réformes profondes, notamment la levée des entraves à l'activité des entreprises européennes. « Le traitement restrictif appliqué aux investissements directs étrangers et aux marchés publics a généré de fortes inquiétudes au sein de la communauté des affaires européenne avec un effet très négatif sur les investissements étrangers directs actuels et futurs en Algérie. L'UE invite l'Algérie à alléger ou à reconsidérer autant que possible ces mesures ». L'UE l'encourage dans « la promotion du climat des affaires » et l'invite à « éviter autant que possible d'ajouter des procédures trop contraignantes pour les opérateurs ».
Le président Martony a souligné la nécessité d'exploiter le « potentiel fort » que recèle cette coopération et souligné la grande importance du dialogue politique régulier instauré et qui démarre, tout en se félicitant de la levée de l'état d'urgence. La création du sous-comité « Dialogue politique, sécurité et droits de l'Homme » « constitue un pas important ». Cela permettra d'avoir une « coopération substantielle sur le respect des principes démocratiques et des droits de l'Homme qui sont au cœur de l'Accord d'association ». L'UE « confirme son souhait de tenir la première session de ce dialogue au mois de septembre 2011 », a-t-il dit.
Le commissaire Füle, qui a accompli deux missions d'explication à Alger, a, lui aussi, souligné l'intérêt que l'Algérie se soit pleinement impliquée dans sa relation bilatérale avec l'Europe et entre les deux rives de la Méditerranée. Il s'est félicité de sa participation assurée à la réunion des Hauts fonctionnaires des pays du « voisinage » qu'il organise le 14 juillet prochain à Bruxelles pour la mise en place de la nouvelle approche d'une PEV (« Politique européenne de voisinage ») révisée. Le ministre Medelci a confirmé cet engagement en félicitant l'UE d'avoir procédé à une telle « auto-évaluation » d'une PEV qui semblait mal taillée et d'avoir admis le besoin de « concevoir des costumes sur mesure ». Il a été également question, timidement, de l'UpM (Union pour la Méditerrannée), une expérience « pragmatique » pour M. Martony et l'espoir a été formulé par M. Medelci qu'elle passe dès cette année ou en 2012 à la présentation de projets concrets.
Interrogés sur la Syrie, la Libye et sur le Proche-Orient, MM. Martony et Medelci ne sont pas allés plus loin que les positions connues. Celle des 27, la partie européenne ayant rappelé que les différents sujets étaient à l'ordre du jour du Conseil lundi, celle de l'Algérie, confirmée par son ministre, qui est le respect « scrupuleux » des résolutions de l'ONU et la non-ingérence directe. La situation au Sahara Occidental comme au Sahel ont été au menu des discussions. (F.B.)