Bruxelles, 20/06/2011 (Agence Europe) - Dans un an, les chefs d'État et de gouvernement de la planète se retrouveront à Rio de Janeiro pour la conférence onusienne sur le développement durable « Rio + 20 » (juin 2012), consacrée à l'économie verte dans l'optique de l'éradication de la pauvreté, et la gouvernance mondiale en matière de développement durable. Ces deux faces d'une même médaille - le développement durable à l'échelle globale - sont au cœur de la communication adoptée, lundi 20 juin, par la Commission européenne pour alimenter la réflexion sur la position que défendra l'UE lors de ce rendez-vous international (le quatrième du genre) organisé au sortir d'une crise économique et financière majeure, et à trois ans seulement de l'échéance de 2015 pour la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Pour l'heure, l'OMD 1 n'est pas en voie d'être atteint puisque 1,4 milliard de personnes vivent toujours des conditions de pauvreté extrême, et un sixième de la population mondiale souffre de malnutrition.
« Nous sommes convaincus que l'économie verte peut permettre de nouvelles sources de croissance et d'emplois et réduire la pauvreté. Toutefois, nous devons nous y préparer nous-mêmes. Il faut voir Rio comme un commencement non comme une fin. La communication Rio +20 jette les bases d'actions spécifiques pour alimenter un dialogue entre la Commission, le Parlement, les entreprises, et les pays tiers », a déclaré Janez Potoènik en présentant ce document à la presse. Il appelle de ses vœux « une économie verte mondiale durable qui tienne compte des conséquences sociales et environnementales et permette à tous de vivre avec des ressources limitées », et c'est à cet objectif que l'UE devrait contribuer.
Le texte préparé conjointement par les services de Janez Potoènik, commissaire à l'Environnement, et d'Andris Piebalgs, son collègue au Développement, énonce des pistes d'action et les moyens à mettre en œuvre aux niveaux international, national et régional pour réussir la transition vers une économie verte.
La Commission préconise notamment d'investir dans les principales ressources et le capital naturel (l'eau, les énergies renouvelables, les ressources marines, la biodiversité et les services écosystémiques, l'agriculture durable, les forêts, les déchets et le recyclage) car ces ressources naturelles font vivre des millions de personnes, peuvent contribuer à la réduction de la pauvreté et «pourraient devenir les moteurs de la croissance économique et des marchés mondiaux », a souligné le commissaire. Dans un communiqué, M. Piebalgs ajoute que « les pays en développement sont les premiers touchés par le changement climatique et la dégradation de l'environnement », lesquels « mettent en péril le développement économique et social que nous nous efforçons de stimuler par notre aide ». La Commission suggère de combiner les instruments de marché et les instruments réglementaires (introduire des écotaxes, supprimer les subventions nocives pour l'environnement, mobiliser des financements publics et privés, investir dans les compétences et les emplois verts, définir des indicateurs qui permettent de mesurer le progrès environnemental et social, au-delà du seul PIB).
Renforcer la gouvernance et encourager la participation du secteur privé est le troisième axe d'intervention suggéré pour renforcer et rationaliser les structures actuelles, en donnant, par exemple, plus de poids au programme des Nations unies pour l'Environnement (PNUE). « C'est une option qui a les faveurs de l'UE », a précisé Janez Potoènik. Le commissaire est convaincu que « les discussions informelles avec le plus grand nombre de pays en développement, et la franchise quant aux moyens d'aider les pays en développement » seront des clés d'un succès du quatrième Sommet Planète Terre de Rio. « Selon le PNUE, c'est 2% du PNB qu'il faudrait allouer à ces pays jusqu'en 2020. Cela nécessitera de mobiliser les citoyens, le secteur privé, et sans doute d'autre sources de financement. Le business as usual ne suffira pas », a-t-il averti. Et d'insister aussi sur l'importance de modifier les comportements, ainsi que les modes de production et de consommation pour que les pays en développement ne commettent pas les mêmes erreurs que nous. (A.N.)