Bruxelles, 20/06/2011 (Agence Europe) - À la lumière de l'accident survenu en mars à la centrale nippone de Fukushima Daiichi, le directeur général de l'AIEA Yukiya Amano a joué lundi les chiens de garde en matière de sûreté nucléaire, préconisant la généralisation, dans un délai de 18 mois, de tests de résistance (stress tests), suivis d'inspection appliqués à tous les réacteurs nucléaires dans le monde.
Ouvrant les travaux de la conférence ministérielle de l'Agence internationale de l'énergie atomique, consacrée, du 20 au 24 juin à Vienne, aux normes de sûreté, Yukiya Amano a plaidé pour un renforcement des pouvoirs de l'agence onusienne en matière de sûreté nucléaire. « Nous devons vérifier systématiquement et régulièrement la sûreté de toutes les centrales nucléaires », a insisté le directeur général de l'AIEA. Se gardant de contester la responsabilité des États concernant leurs centrales nucléaires, M. Amano veut aller plus loin et souhaite qu'on permette à l'agence de jouer un rôle de « gendarme » en matière de sûreté, à l'instar de son rôle en matière de non-prolifération de l'arme atomique, et sans avoir à changer de statut, ce qui nécessiterait de longues négociations entre des pays membres très divisés sur la question. Appelant à généraliser l'exercice de tests de résistance à tous les réacteurs dans le monde, le patron de l'AIEA a insisté pour que les évaluations nationales soient suivies de tests par des experts internationaux de l'agence onusienne. Devant l'impossibilité pour l'agence, dont la mission est de promouvoir le nucléaire civil, d'examiner l'ensemble des 440 réacteurs nucléaires du monde, M. Amano propose de mener cet exercice sur la base d'un système de sélection aléatoire - l'AIEA pourrait tester une centrale sur dix d'ici à trois ans - qui donnerait aux exploitants d'installations une motivation supplémentaire pour appliquer les critères de sûreté les plus stricts, le patron de l'AIEA plaidant par ailleurs pour leur renforcement dans de brefs délais. (E.H.)