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Bulletin Quotidien Europe N° 10397
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/grÈce

Impliquer le secteur privé en évitant un défaut du pays

Bruxelles, 14/06/2011 (Agence Europe) - Les dix-sept ministres des Finances de la zone euro se sont réunis pour faire le point sur les discussions relatives à un deuxième sauvetage financier de la Grèce, mardi 14 juin préalablement à un dîner informel du Conseil Écofin consacré au paquet législatif renforçant la gouvernance économique en Europe. Cette rencontre avait pour objectif de définir les grandes lignes d'un sauvetage, qui dépasserait 170 milliards d'euros, en vue d'un accord définitif lors la prochaine réunion de l'Eurogroupe, lundi 20 juin, ou au plus tard au Conseil européen des jeudi 23 et vendredi 24 juin.

« Toutes les options » sur la table seront envisagées, a déclaré le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker à son arrivée à Bruxelles. Selon le ministre belge des Finances Didier Reynders, trois éléments doivent être pris en compte pour trouver une solution au problème grec: - vérifier que le plan grec est correctement mis en œuvre notamment en matière de « privatisations » ; - continuer à soutenir financièrement la Grèce ; - convaincre le secteur privé, « les banques, les fonds de pension, les assurances », de maintenir volontairement leur exposition à la Grèce. Toute solution qui irait à l'encontre de la BCE n'aurait « pas de sens », a-t-il aussi estimé. D'après le Financial Times, l'enveloppe à la Grèce de 172 milliards d'euros se composerait comme suit: 57 milliards proviendraient du plan de sauvetage actuel, 30 milliards du programme de privatisation, le solde étant à la charge des créanciers internationaux et du secteur privé.

Est actée l'implication du secteur privé, qui devra être volontaire et ne pas provoquer de défaut même partiel de la Grèce, afin de supporter une partie du fardeau financier. Tout dépendra des modalités d'une telle implication. Soutenue par les pays de la zone notés AAA (Autriche, Finlande, Luxembourg, Pays-Bas) sauf la France, l'Allemagne plaide pour une extension de 7 années de la maturité des titres de dette grecque. Selon les agences de rating, cette option constituerait néanmoins un défaut.

La BCE est favorable au rachat par les détenteurs d'obligations qu'ils détiennent aux mêmes conditions et au moment où ces titres arrivent à maturité (principe du 'roll over'). Ayant fait l'acquisition de milliards d'euros d'obligations grecques, elle craint un 'credit event' qui fermerait les portes à ses liquidités aux banques helléniques, mettrait les banques européennes en difficulté et déclencherait le versement des primes d'assurance contre le défaut de la dette grecque. Une mise en garde relayée par le gouverneur de la Banca d'Italia Mario Draghi, mardi au Parlement européen. Dimanche, le président de la Bundesbank Jens Weidmann a rappelé à Athènes le caractère conditionnel de l'aide financière octroyée. « Si ces engagements ne sont pas tenus, il n'y aura plus de base pour le versement d'aides supplémentaires. La Grèce aurait alors fait ce choix et devrait assumer les conséquences à coup sûr dramatiques d'un défaut de paiement », a-t-il déclaré au journal Welt am Sonntag, même si, même dans ce cas, l'euro resterait « stable ».

L'agence de rating Standard & Poor's a rabaissé à CCC la notation de la dette grecque, classant ce titre dans la catégorie 'extrêmement spéculative' à seulement deux crans d'un défaut. Selon ses critères, la Grèce est désormais le pays avec la notation la plus faible. Athènes a à nouveau dénoncé une décision prise sur la base de « rumeurs » et qui négligent les « efforts déterminés » du pays à éviter un défaut. L'Allemand Martin Schulz, qui préside le groupe S&D au PE, a déploré la situation « absurde » où les agences de rating, responsables, selon lui, de la crise financière décident de l'avenir de la Grèce. (M.B.)

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