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Bulletin Quotidien Europe N° 10397
JOURNÉE POLITIQUE / (ae) ue/algÉrie

Lettre ouverte des associations des droits de l'Homme

Bruxelles, 14/06/2011 (Agence Europe) - Le Réseau euro-méditerranéen des droits de l'Homme (REMDH), la Ligue algérienne de défense des droits de l'Homme (LADDH), le Collectif des familles des disparu(e)s en Algérie (CFDA) et le Syndicat national autonome des personnels de l'administration publique (SNAPAP) ont adressé une lettre à Mme Ashton, au Conseil des ministres et au commissaire Füle pour les « alerter sur la persistance de graves violations des droits de l'Homme en Algérie alors même que le pays traverse une profonde crise sociale et politique ». La démarche a lieu à quelques jours de la session du Conseil d'association, en marge du prochain Conseil de l'UE à Luxembourg, fin juin.

« L'Algérie est le théâtre de manifestations et de mouvements sociaux sur tout le territoire depuis plusieurs années », écrivent ces associations qui « appellent l'UE à demander publiquement la fin de la répression des manifestations pacifiques en Algérie et à exprimer ainsi clairement son soutien à la société civile autonome algérienne ». Les réformes annoncées par les autorités « sont loin de répondre aux attentes des citoyens algériens ». Les autorités « refusent toujours de reconnaître la légitimité des organisations syndicales ». Nos organisations considèrent que le développement des droits de la femme est crucial pour le développement démocratique de l'Algérie. Cependant le code de la famille en vigueur ne garantit pas l'égalité effective entre les femmes et les hommes. Les organisations signataires sont également préoccupées par la situation des droits des migrants et des réfugiés en Algérie et rappellent que certaines dispositions de la loi de 2008 relative aux conditions d'entrée, de séjour et de circulation des étrangers sont loin d'être conformes au droit international en matière de protection des droits de l'Homme ainsi qu'au droit humanitaire. Le libre exercice du culte est toujours soumis à de fortes restrictions malgré les dispositions contenues dans la Constitution, « menant à la condamnation arbitraire d'Algériens de confession chrétienne ».

Elles demandent à l'UE et à ses États membres d'adopter une « position ferme » et à demander publiquement la fin de la répression des manifestations pacifiques et exprimer ainsi clairement son soutien
à la société civile autonome algérienne. « L'absence d'un message fort de l'UE à l'attention des
autorités algériennes mine la crédibilité de l'annonce d'une nouvelle Politique européenne de voisinage (PEV) »
. (F.B.)

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