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Bulletin Quotidien Europe N° 10389
Sommaire Publication complète Par article 34 / 36
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) investissements

L'Europe redevient attractive mais la concurrence des pays à croissance élevée est forte. L'année 2010 a marqué une forte reprise des investissements étrangers en Europe, comme le montrent les résultats de la neuvième étude annuelle d'Ernst & Young consacrée à l'attractivité du marché européen (European Attractiveness Survey). Outre l'analyse des investissements internationaux en Europe réalisés en 2010, l'étude s'appuie sur une enquête menée auprès de 812 dirigeants du monde entier. Le nombre d'implantations internationales a augmenté de 14% en Europe, passant de 3303 en 2009 à 3757 en 2010. Les investissements en provenance de l'étranger ont progressé dans la majorité des 43 pays européens concernés par l'étude. Les créations d'emplois directement imputables à ces investissements ont augmenté en conséquence de 10%, atteignant le nombre de 137 337. Les investissements en provenance des pays d'Asie (et plus particulièrement la Chine, l'Inde, la Corée du Sud ou encore le Japon) ont significativement développé leurs investissements en Europe. Les investissements effectués par la Corée du Sud sont une bonne illustration de la dynamique d'investissements de la zone Asie en Europe. La Corée du Sud a été, en 2010, à l'origine de 67 projets et de 4% des emplois créés (soit 5 147 emplois). Selon le responsable de l'étude, Marc Lhermitte, « après une chute significative des investissements au pire de la crise, les investisseurs font un retour en force en Europe, dans le sillage des États-Unis. Par ailleurs, les investisseurs des pays en forte croissance, principalement chinois et indien, ont été nombreux à choisir en 2010 de s'implanter dans l'un des 43 pays européens ». En Europe, le Royaume-Uni et la France restent les premières économies les plus attractives avec, respectivement, 728 et 562 projets d'investissements directs étrangers (IDE), soit +7% et +6%. L'Allemagne s'est particulièrement distinguée: avec une progression de 34%, elle a attiré 560 projets et menace la France pour la deuxième place. Les pays d'Europe centrale et orientale ont également vu leurs investissements progresser fortement en 2010. Des hausses à deux chiffres en Russie, Pologne, Hongrie et dans les pays baltes, reflets de la forte reprise économique dont bénéficie la région. A contrario, le Portugal, la Grèce, l'Espagne ont enregistré un déclin du nombre de projets, la Russie ravissant à l'Espagne sa place de quatrième pays européen d'accueil des IDE. L'Irlande confirme sa compétitivité sur le long terme, sa politique en matière de fiscalité et de main-d'œuvre hautement qualifiée se traduisant par une hausse de 36% des projets d'IDE en 2010. Les secteurs affectés en 2009 par la crise ont bénéficié d'un très net rebond des IDE en 2010. Dans l'automobile, les investissements ont été multipliés par deux, pour représenter 25% des emplois générés par des projets d'IDE en Europe. Dans les services aux entreprises et l'informatique, la hausse a été de 15%, soit une progression des créations d'emplois de 65%. En même temps, l'Europe a attiré 204 projets dans le domaine des énergies renouvelables, enregistrant une augmentation de 29% par rapport à 2009. Mais l'embellie n'a pas été générale: les secteurs de l'alimentaire (-11%), de la pharmacie (-12%), des minéraux (-9%) et des télécoms (-10%), qui s'étaient mieux comportés en 2009, ont accusé une diminution du nombre de projets en 2010. La reprise des investissements issus des États-Unis, avec un nombre record de 972 projets annoncés, a largement tiré la croissance des investissements étrangers en Europe en 2010. En matière de projets d'investissements intra-européens, il y a une forte progression du Royaume-Uni, de la Suisse et des Pays-Bas. Hors Europe, la hausse la plus sensible émane de l'Inde et de la Corée du Sud (32% et 148% respectivement). Les investisseurs sont plutôt optimistes pour 2011. Le nombre d'entreprises désireuses d'investir cette année a augmenté de 5% tandis que le pourcentage d'entreprises déclarant ne pas avoir ce type de projet a baissé de 6%. Au total, un tiers des dirigeants interrogés déclarent avoir l'intention d'investir cette année. Par ailleurs, l'informatique et les technologies propres devraient être les fers de lance de la croissance européenne dans les deux années à venir. La Chine reste le pays le plus attractif devant l'Europe occidentale. Pour les trois ans à venir, les dirigeants renouvellent leur confiance vis-à-vis de l'Europe, anticipant que l'Europe occidentale rejoindra la Chine au premier rang. L'Inde et le Brésil marquent aussi quelques points en termes de confiance de la part des investisseurs. (I.L.)

 

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