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Bulletin Quotidien Europe N° 10387
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/dÉveloppement

L'efficacité de l'aide européenne acheminée via l'ONU écornée par la Cour des comptes

Bruxelles, 26/05/2011 (Agence Europe) - Un rapport spécial de la Cour des comptes publié mercredi 25 mai émet des doutes sur l'efficacité de l'aide européenne acheminée par l'ONU dans les pays affectés par les conflits. En dépit de quelques bons résultats obtenus dans des circonstances difficiles, une plus grande attention doit être accordée à la conception des projets, à l'obtention d'informations suffisantes relatives aux projets et à l'évaluation de l'efficience, estime la Cour des comptes. À l'heure où l'efficacité de l'aide est une priorité de l'agenda des donateurs internationaux (le quatrième forum de haut niveau de l'ONU sur l'efficacité de l'aide se tiendra à Busan, Corée du Sud, du 29 novembre au 1er décembre 2011), ce rapport fait l'effet d'une douche froide surtout quand l'on sait que les fonds d'EuropeAid acheminés par l'intermédiaire des organisations des Nations unies représentaient 935 millions en 2009 (contre 144 millions d'euros en 2001) et qu'une grande partie de ces contributions a été versée à des pays affectés par des conflits.

Ce rapport (n°3/2011) porte en particulier sur 19 projets d'aide en Afghanistan, en Irak et au Soudan sur la période 2006-2008. Citant un programme axé sur le renforcement des capacités de la nouvelle administration du Sud-Soudan, il souligne que « 65% des dépenses n'ont pu être justifiées ». Un autre exemple pointe du doigt un programme de déminage en Afghanistan qui portait sur 26,6 km2 et n'a conduit finalement qu'au déminage de 1,6 km2 sans permettre pour autant la moindre réduction de coûts.

La Cour reconnaît que, via les Nations unies, la Commission réussit à faire parvenir son aide dans des régions qu'il aurait sinon été très difficile de cibler. Mais elle note que les rapports des Nations unies - principale source d'information de la Commission-, sont souvent tardifs et incomplets. Partant, la Cour recommande à la Commission de fixer, pour l'ensemble des projets, des objectifs pratiques et clairs, pouvant faire l'objet d'un suivi, ainsi qu'un calendrier raisonnable pour leur mise en œuvre, de porter davantage attention à l'efficience et à l'estimation des coûts de projets. Tout en reconnaissant que la Commission a pris certaines mesures pour remédier aux problèmes soulevés, M. Pinxten, membre de la Cour des comptes, estime que la Commission doit « être plus sévère avec l'ONU en matière d'audit » pour garantir la bonne gestion financière de tous les fonds qu'elle achemine via les Nations unies, quel que soit le lieu de destination de l'aide.

Ce rapport spécial est la deuxième partie d'un audit en deux phases. Le premier audit, qui portait sur le contrôle et la prise de décision, avait conclu que le processus de contrôle devrait être plus strict et davantage axé sur les résultats et que toute décision de passer par l'intermédiaire des Nations unies devrait être clairement justifiée (rapport spécial n° 15/2009 de janvier 2010). (A.N.)

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