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Bulletin Quotidien Europe N° 10387
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/serbie

Ratko Mladic arrêté, soulagement à Belgrade et dans l'UE

Bruxelles, 26/05/2011 (Agence Europe) - L'arrestation de Ratko Mladic en Serbie a été annoncée jeudi
26 mai à Belgrade au moment même où Catherine Ashton était dans la capitale serbe pour y discuter avec le président Boris Tadic des possibilités de donner un coup d'accélérateur au processus d'adhésion du pays à l'UE. Annonçant la bonne nouvelle à la presse, M. Tadic, très soulagé, a estimé que « cela retire un lourd fardeau à la Serbie et ferme une page de notre douloureuse histoire ». Il s'est aussi dit convaincu d'avoir ainsi « ouvert la porte vers le statut de candidat, les négociations et finalement l'adhésion à l'UE ». L'extradition de l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie inculpé de génocide par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) à La Haye « est en cours », a-t-il ajouté. Catherine Ashton a immédiatement félicité les autorités serbes et salué une « étape importante pour la Serbie et la justice internationale ». Elle a demandé le transfert immédiat de Mladic au TPIY. Avec cette nouvelle étape franchie, le processus d'adhésion de la Serbie sera relancé avec une « nouvelle énergie » et « j'espère que nous pourrons progresser rapidement », a commenté la Haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères. Stefan Füle, le commissaire en charge de l'élargissement, a lui aussi parlé d'un « grand jour pour la Serbie et les Balkans occidentaux ». « Un grand obstacle sur la route de la Serbie vers l'UE a été levé », a-t-il dit, soulignant que la Serbie a « démontré sa crédibilité ». Belgrade doit maintenant profiter de ce « nouvel élan » et intensifier les réformes pour remplir les autres critères nécessaires (justice, administration publique, etc.) pour pouvoir obtenir le statut de pays candidat et progresser sur la voie de l'adhésion, a dit M. Füle. Le commissaire s'est aussi dit optimiste quant à la capacité de la Serbie de mettre la main sur le deuxième fugitif inculpé de crime de guerre, Goran Hadzic.

La Serbie a déposé sa demande d'adhésion en décembre 2009 et espère obtenir le statut de candidat d'ici la fin de l'année. La Commission est actuellement en train de préparer son « avis » qui devrait être publié en octobre. L'un des critères à remplir par Belgrade pour être reconnu comme pays candidat est, entre autres, de faire preuve d'une « coopération pleine et entière » avec le TPIY. En annonçant l'arrestation de Mladic, le président serbe Boris Tadic a estimé jeudi que « plus personne dans le monde n'a de doute sur le fait que la Serbie coopère pleinement avec le Tribunal de La Haye ». Et de promettre que son pays ferait tout pour « finir ce travail » en arrêtant Goran Hadzic, l'autre fugitif inculpé de crime de guerre. Les Pays-Bas, qui ont toujours dit que l'arrestation de Mladic (et de Goran Hadzic) était indispensable pour permettre à la Serbie d'avancer dans le processus d'adhésion, ont salué la nouvelle en provenance de Belgrade tout en soulignant que la Serbie avait d'autres critères à remplir et que cela ne signifiait « pas automatiquement » une adhésion du pays à l'UE. Pour le président français Nicolas Sarkozy, l'arrestation de Mladic marque néanmoins « une étape de plus vers l'intégration de la Serbie à l'UE ». L'eurodéputé autrichien Hannes Swoboda (S&D) estime que « l'UE doit maintenant réagir de manière positive » et donner à la Serbie le statut de pays candidat « le plus rapidement possible ». (H.B.)

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