Bruxelles, 26/05/2011 (Agence Europe) - L'Agence européenne de gestion des frontières externes, Frontex, a exprimé des réserves mercredi 25 mai quant aux projets de rétablir des contrôles aux frontières internes de la zone Schengen, notamment face au risque d'une immigration massive provenant d'Afrique du Nord, indique l'AFP.
« Nous ne pourrions pas résoudre le problème même en construisant une clôture. Une clôture n'est pas une solution », a ainsi déclaré à Varsovie le directeur de Frontex, Ilkka Laitinen, lors d'une conférence, ajoutant que la « solution la plus durable est de s'attaquer aux causes ».
Selon M. Laitinen, il est essentiel pour les gouvernements européens d'associer le débat sur les migrations aux discussions sur la politique étrangère, le commerce et les politiques de développement, pour aider les régions comme l'Afrique du Nord, a-t-il poursuivi. Déjà évoquée dans le cadre des débats sur l'adhésion de Sofia et de Bucarest à l'espace Schengen ou par rapport à la situation migratoire de la Grèce, l'idée de renforcer l'actuelle clause de sauvegarde de Schengen, permettant des contrôles aux frontières intérieures, a été officiellement relancée dans la position franco-italienne du 26 avril, après des vagues de migrants tunisiens arrivés à Lampedusa. La communication de la Commission du 4 mai sur les migrations en a repris le principe.
Lors de cette conférence, poursuit l'AFP, le directeur de Frontex a rappelé ses aspirations, notamment l'espoir de voir les États membres autoriser Frontex à augmenter les capacités des services de surveillance des frontières dans les régions voisines de l'Union européenne. La révision du règlement de l'agence, permettant notamment à Frontex de pouvoir louer à terme ses propres équipements, est actuellement discutée entre le Conseil et le Parlement européen, qui a voté son rapport en mars dernier. Les États membres vont tenter de parvenir, les 9 et 10 juin prochains à Luxembourg, soit à un accord avec le PE, soit à une position commune du Conseil. Selon des sources, les points en suspens entre les deux institutions portent sur la création d'une autorité/d'un officier chargé de superviser les opérations de l'agence ou encore sur le mode de coopération entre Frontex et les pays tiers. (S.P.)