Bruxelles, 16/05/2011 (Agence Europe) - Le Parlement européen est déçu de l'absence de progrès dans le développement d'une politique de sécurité et de défense commune (PSDC) depuis l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne qui offre pourtant de nouvelles opportunités dans ce domaine. « Plus d'un an après l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, l'on n'observe encore aucun signe apparent d'une approche communautaire», déplorent les députés dans le rapport de Roberto Gualtieri (S&D) sur le développement de la PSDC au cours des douze derniers mois. Une politique de sécurité extérieure « crédible » exige une interdépendance accrue entre les États membres et une amélioration de la cohésion interne et de la confiance mutuelle ainsi que de la solidarité, soulignent-ils. Le Conseil européen doit assumer « son obligation d'identifier les intérêts stratégiques et les objectifs politiques de l'UE en préparant une stratégie de politique étrangère européenne adaptée aux évolutions du système international » et cela sur la base d'un « dialogue politique avec le Parlement européen ». Le PE souhaite aussi « renforcer la coopération avec les parlements nationaux de l'UE dans l'examen démocratique de la PESC et de la PSDC, afin de renforcer mutuellement leur influence respective sur les choix politiques opérés par les autres institutions européennes et par les États membres dans le plein respect des prérogatives existantes des parlements nationaux en matière de politique de défense ». Catherine Ashton, en tant que Haute représentante de l'UE et patronne du service européen pour l'action extérieure (SEAE), est appelée « à considérer sa fonction de manière proactive » et à « favoriser activement la construction du consensus politique entre les États membres sur les lignes stratégiques et les choix politiques de la PESC et de la PSDC ». Les députés considèrent aussi que l'existence de capacités militaires crédibles, fiables et disponibles est une condition indispensable à une PSDC autonome. Dans ce contexte, ils regrettent le « contraste marqué entre les 200 milliards d'euros consacrés chaque année par les États membres à la défense » et « le manque de moyens dont dispose l'UE ». Le PE déplore aussi « les conférences longues et laborieuses » qui sont nécessaires pour constituer une force pour les opérations militaires de l'UE. « En plus de douze ans, la méthode de constitution d'une force n'a de fait produit aucune amélioration quantitative ou qualitative au niveau des capacités militaires disponibles pour les missions de la PSDC », lit-on dans le rapport. Les députés critiquent aussi la « redondance généralisée de programmes de défense dans l'Union » qui a pour conséquence « l'absence de réalisation d'économies d'échelle, le gaspillage de ressources économiques limitées et des prix exagérément élevés du matériel de défense européen ». Le PE estime aussi que l'une des conditions préalables à l'autonomie et à la crédibilité de la PSDC consiste en la création d'un marché européen de la défense et de la sécurité plus compétitif et efficace, avec une base industrielle et technologique de défense européenne renforcée. Il souligne aussi la nécessité de renforcer la coopération entre l'UE et les Nations unies dans le domaine de la gestion des crises. Quant à l'OTAN, les députés reconnaissent que l'Alliance atlantique constitue « le fondement de la défense collective pour les États membres qui en font partie » et insiste sur une « bonne coopération entre l'UE et l'OTAN, en particulier lorsque les deux organisations sont engagées sur les mêmes théâtres d'opérations ». (H.B.)