Bruxelles, 16/05/2011 (Agence Europe) - Le groupement européen des autorités nationales de sûreté nucléaire (ENSREG) aurait, de sources diplomatiques, trouvé en fin de semaine dernière un compromis avec la Commission européenne sur les critères des tests de résistance (stress tests) à différents risques, tels ceux qui ont frappé le 11 mars la centrale nippone de Fukushima Daiichi - un séisme et un tsunami, auxquels seront soumis les 143 réacteurs nucléaires en activité dans l'UE. L'Allemagne, l'Autriche et l'exécutif européen auraient toutefois réservé leur décision finale jusqu'au 18 mai.
Le compromis reposerait sur la dissociation de la sûreté des réacteurs face à des aléas naturels, des catastrophes ou des accidents, de leur sécurité face à des actes terroristes ou des sabotages. Il prévoirait des tests de sûreté complets pour vérifier à la fois la résistance des centrales nucléaires de l'UE à des catastrophes naturelles, comme les séismes et les inondations, mais aussi les conséquences de tout type d'accident d'origine humaine ou naturelle. « Un grand progrès a été fait », a reconnu la porte-parole du commissaire à l'Énergie Günther Oettinger, Marlène Holzner, vendredi 13 mai.
Les autorités nationales de sûreté reconnaissant n'avoir aucune compétence pour les questions liées à la sécurité contre le terrorisme, le compromis proposerait la création d'un groupe de travail réunissant en son sein des experts des États membres et de la Commission, dont le format, le mandat et les méthode de travail doivent encore être arrêtés. Cette solution permettra de prendre en compte les demandes de M. Oettinger.
Un bras de fer oppose depuis plusieurs semaines les États membres nucléaires, qui, réunis au sein de l'association des autorités nationales de sûreté nucléaire d'Europe de l'Ouest (WENRA), veulent limiter les stress tests à l'évaluation de la robustesse des centrales devant trois aléas - l'agression par des phénomènes naturels (tempêtes, séismes, inondations), la perte de systèmes de sûreté (refroidissement ou alimentation électrique) et l'accident grave (endommagement du combustible dans le réacteur, refroidissement difficile des piscines d'entreposage du combustible usé) - au commissaire Oettinger, qui veut inclure tous les risques possibles, y compris les attaques terroristes, les attaques informatiques ou les crashs d'avion.
Si le compromis trouvé est approuvé en fin de semaine, les premiers tests de résistance des réacteurs hébergés dans l'UE pourront commencer dès le 1er juin. (E.H.)