Bruxelles, 16/05/2011 (Agence Europe) - La Commission européenne a estimé, lundi 16 mai, que l'arrestation du directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn pour tentative de viol n'aurait pas d'impact sur les sauvetages en cours de pays de la zone euro. « Nous sommes tout à fait confiants dans le fait que la continuité totale des opérations et le processus décisionnel du FMI seront assurés », a indiqué le porte-parole du commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn. « Il est hors de question que des décisions en cours puissent être altérées », a-t-il ajouté, convaincu que l'Eurogroupe donne lundi son aval au programme d'aide au Portugal. Il a fait référence à la déclaration de l'organisation financière internationale selon laquelle la continuité des opérations serait en effet assurée.
M. Strauss-Kahn devait assister, lundi, à la réunion des ministres des Finances de la zone euro au cours de laquelle la situation économique de la Grèce devait aussi être discutée. Il a été remplacé au pied levé par la directrice générale adjointe du FMI Nemat Shafik. De nombreux analystes considèrent néanmoins que la mise à l'écart du Français constitue un coup dur pour les Européens. M. Strauss-Kahn, dont l'action lors de la crise financière a été saluée, s'est impliqué dans la mise au point du sauvetage des trois pays de la zone euro (Grèce, Irlande, Portugal) et du futur Mécanisme de stabilité européenne qui verra le jour après 2013. Il a joué un rôle pour calmer des pays tiers mécontents de l'évolution du sauvetage grec. Sans oublier l'implication du FMI dans les travaux du G20 présidé cette année par la France. L'organisation internationale s'est engagée à soutenir la Grèce à hauteur de 30 milliards d'euros, l'Irlande à hauteur de 17,5 milliards et l'Irlande à hauteur de 26 milliards. S'ajoutent à ces enveloppes des aides octroyées à des États membres hors Eurozone: 13,5 milliards pour la Hongrie, 4,4 milliards pour la Lettonie et 15 milliards pour la Roumanie.
Interrogée sur l'éventuelle succession de M. Strauss-Kahn, la Commission s'est refusée à tout commentaire. « La question ne se pose pas aujourd'hui », a indiqué une porte-parole. Les événements secouant la direction du FMI semblent néanmoins de nature à renforcer les arguments des pays émergents qui réclament un changement à leur profit dans la désignation des organisations financières internationales. (M.B.)