Bruxelles, 16/05/2011 (Agence Europe) - Le 12ème congrès de la Confédération européenne des syndicats (CES) a débuté ses travaux, lundi 16 mai à Athènes, pour déterminer quelle doit être sa stratégie pour contrer l'attaque brutale qui a eu lieu en Europe contre les droits et les conditions des travailleurs. Et pour montrer la solidarité syndicale. Pourquoi Athènes ? « Parce que c'est l'oeil du cyclone qui menace l'Europe et l'euro, parce que la Grèce est le premier pays à avoir été confronté à des difficultés, qu'elle est le berceau de la civilisation occidentale mais qu'aujourd'hui elle est aussi le berceau de la crise économique européenne ». C'est en ces termes que John Monks s'est adressé aux quelque 500 congressistes venus de 36 pays (EUROPE n° 10360).
La situation de la Grèce est en partie due au pays lui-même, et en particulier à la collecte des impôts. Mais les clauses de l'UE et du FMI « sont trop sévères. Les remboursements de la dette sont trop élevés et trop précoces. Nous vous l'avions dit dès le départ ! », a lancé le secrétaire général de la CES. Pour John Monks, il est en effet urgent de restructurer la dette, d'assouplir les conditions de l'austérité, avec des efforts réciproques de la Grèce. L'austérité ne donne pas de résultats. « La Grèce ne pourra répondre à ses obligations que par la croissance, le respect par les riches et les nantis de leurs obligations à l'égard du pays, en particulier en ce qui concerne l'impôt, et l'adoption de programmes, y compris avec les syndicats, quant aux mesures à prendre. Il est temps pour la Grèce de se rassembler et non de se désunir, et il est temps pour l'UE d'apporter son aide »: tel est le message de ce congrès souligné avec force par le secrétaire général.
Pour John Monks, il est clair que l'UE doit: (1) « changer d'orientation, davantage encourager la croissance et pas seulement invoquer les belles paroles de l'UE 2020, et que la gouvernance économique ne peut pas être seulement une gouvernance d'austérité, (2) accorder davantage d'importance à l'égalité, (3) aider les jeunes qui, à ce jour, sont les principales victimes de la récession, (3) rétablir la motivation en faveur d'un environnement plus durable et d'économies durables, (4) lutter contre la montée des eurosceptiques et de la droite nationaliste qui ravageront l'UE et ses voisins s'ils devaient un jour arriver au pouvoir ». (G. B.)