Bruxelles, 16/05/2011 (Agence Europe) - L'ONG Amnesty International a critiqué la France vendredi 13 mai quant à sa politique vis-à-vis des migrants tunisiens mais aussi des réfugiés, des demandeurs d'asile et des Roms. En présentant son rapport annuel 2011, l'ONG a déploré qu'en « 2011 comme en 2010 et les années précédentes, la France met beaucoup plus l'accent sur le contrôle de l'immigration que sur la protection des droits des réfugiés, des demandeurs d'asile, des migrants », a déclaré le vice-président d'Amnesty France, Francis Perrin. Il a notamment regretté « le repli sur soi » du gouvernement face à l'arrivée de migrants tunisiens depuis le début de l'année. Il a portant rappelé que le Traité de Lisbonne prévoit des mécanismes de solidarité et de partage équitable des responsabilités dans le domaine du traitement des flux de migrants.
Amnesty s'est aussi dite « préoccupée par la marginalisation des Roms, contre qui étaient dirigées des opérations d'expulsion forcée et de reconduite à la frontière » en 2010, cela malgré l'annulation d'une circulaire sur les évacuations de campements illicites du mois d'août qui visait explicitement cette population.
Le gouvernement français a été critiqué ces dernières semaines, tant sur le plan national que par le gouvernement italien, quant à sa politique vis-à-vis des migrants tunisiens arrivés sur l'île de Lampedusa et parvenus en France grâce à des permis de séjour temporaires et des documents de voyages délivrés par les autorités italiennes. Paris avait alors renforcé ses contrôles policiers dans ses zones frontalières avec l'Italie, contestant la légalité des documents délivrés et renvoyant de nombreux Tunisiens vers l'Italie, notamment. Une querelle entre les deux capitales qui les avaient ensuite conduites le 26 avril à demander une refonte des règles Schengen. Le 29 avril, la Commission avait demandé des explications à la France sur les modalités de ces contrôles policiers dans la zone frontalière avec l'Italie. (S.P.)