Plus d'un jeune Européen sur deux se dit prêt à travailler à l'étranger - La Commission européenne a publié une enquête Eurobaromètre consacrée à la mobilité des jeunes européens. Il en ressort que plus de la moitié des jeunes sont prêts à travailler à l'étranger si une opportunité se présente. Une bonne nouvelle pour la Commission, la mobilité professionnelle n'étant actuellement que de 3 % dans l'Union européenne. L'obstacle majeur à ce désir croissant de mobilité reste d'ordre financier. Voici les tendances majeures de cette enquête: 1) Travailler à l'étranger: plus de la moitié des jeunes (53 %) affirment qu'ils sont prêts à travailler dans un autre pays européen ou aimeraient le faire. Ils sont un peu plus nombreux à l'envisager pour une période de temps limitée (28 %) que pour une longue période (25 %). Les jeunes hommes (56 %) sont plus disposés que les jeunes femmes (49 %) et les personnes entre 15 et 19 ans (63 %) plus que celles entre 30 et 35 ans (42 %). Les jeunes ayant un diplôme de l'enseignement supérieur sont aussi plus enclins à vivre à l'étranger que ceux issus du premier cycle de l'enseignement secondaire (55 % contre 33 %) ; 2) Étudier à l'étranger: 14 % des jeunes ont séjourné à l'étranger pour leurs études ou leur formation. Cette proportion varie de 3 % en Turquie à 39 % à Chypre et 41 % au Luxembourg. Sur ces 14 %, 43 % y ont suivi des études supérieures, 26 % y ont effectué un stage en entreprise comptant pour leurs études supérieures, 43 % sont partis dans le cadre de leur éducation scolaire (enseignement secondaire), 33 % dans le cadre de l'enseignement et la formation professionnels et 21 % ont fait un stage ou un apprentissage comptant dans un programme d'EFP. C'est dans les catégories des jeunes adultes diplômés de l'enseignement supérieur et de ceux qui suivent encore des études supérieures que la probabilité d'un séjour à l'étranger est la plus élevée et, parmi les habitants des zones urbaines, cette probabilité est presque deux fois plus élevée que pour ceux des zones rurales (21 % contre 12 %). 3) Financement: 65 % des jeunes ont financé eux-mêmes leur voyage à des fins éducatives. 15 % indiquent avoir reçu un financement de programmes européens tels qu'Erasmus. Par ailleurs, la proportion de jeunes ayant bénéficié de bourses ou de prêts étudiants nationaux ou régionaux varie énormément selon les États. En Norvège, au Luxembourg et en Islande, environ la moitié des personnes interrogées mentionnaient cette source de financement, tandis que leur part tombait à moins de 20 % dans 17 des 31 pays ayant fait l'objet de l'enquête ; 4) Bénéfices des séjours à l'étranger: les jeunes considèrent que leur séjour à l'étranger leur a surtout apporté des compétences générales telles que parler une langue étrangère, développer une sensibilité à d'autres cultures, une faculté d'adaptation ou une aptitude relationnelle, ou des compétences recherchées par les employeurs. Dans 18 pays, l'amélioration des compétences linguistiques est le premier ou le second apport cité ; 5) Obstacles: une grande majorité des jeunes ne sont pas allés à l'étranger dans le cadre de leur éducation. Un tiers de ceux-ci ont indiqué qu'ils en avaient été empêchés en premier lieu par un manque de moyens et par les frais que représente un séjour à l'étranger. Un quart d'entre eux ont avancé des engagements familiaux. Cette dernière raison a été plus souvent retenue par les jeunes femmes que par les jeunes hommes (31 % contre 19 %) et par les personnes issues du premier cycle de l'enseignement secondaire général (38 %) que par les personnes ayant d'autres qualifications (de 24 % à 28 %) ; 6) Création d'entreprises: 43 % des jeunes affirment qu'ils aimeraient un jour créer leur propre entreprise et la même proportion (42 %) que cela ne les intéresse pas. Les personnes qui veulent créer leur propre entreprise sont plus présentes dans la catégorie des 15 à 19 ans (50 %) que dans celle des 30 à 35 ans (34 %), et parmi les jeunes qui disposent d'une qualification de l'enseignement supérieur ou de l'EFP. 6 % ont indiqué qu'ils avaient déjà créé leur entreprise. Les jeunes Bulgares se révèlent les plus désireux de créer leur entreprise (74 %), tandis que les jeunes Italiens sont les moins intéressés (27 %). Les raisons évoquées par ceux qui ne veulent pas créer leur entreprise sont variées, mais une personne sur sept considère que c'est trop risqué et 13 % que c'est trop compliqué ; 7) Participation à une organisation ou des activités de volontariat: près la moitié des jeunes Européens (46 %) déclarent participer aux activités d'un club de sports, d'un club de jeunes ou d'une organisation culturelle. Par ailleurs, à peu près un quart des jeunes (24 %) ont déclaré avoir participé à une activité de volontariat encadrée dans les douze derniers mois. Pour la réalisation de cet Eurobaromètre Flash «Jeunesse en mouvement» (no 319 a + b), 57 000 jeunes Européens ont été interrogés par téléphone entre le 26 janvier et le 4 février 2011. (I.L.)