Bruxelles, 13/04/2011 (Agence Europe) - L'Union européenne, la Colombie et le Pérou ont célébré au plan ministériel, mercredi 13 avril à Bruxelles, le paraphe le 24 mars de l'accord bilatéral de libre-échange entre les Vingt-sept et leurs deux partenaires de la Communauté andine, conclu en mars 2010. Cet accord doit engendrer des économies de droits de douane de l'ordre d'un demi-milliard d'euros.
« Cet accord est une étape décisive dans nos relations commerciales avec la région andine et crée le cadre idéal pour stimuler le commerce et les investissements dans les deux régions. Il permet aux entreprises de l'UE de prendre pied dans la région andine et aux pays andins de disposer d'un instrument solide pour leurs réformes structurelles. L'accord témoigne aussi du fait que le partenariat de l'UE avec la Colombie et le Pérou repose sur le respect des principes démocratiques et des droits de l'homme », s'est félicité le commissaire au Commerce Karel De Gucht, hôte mercredi d'une cérémonie marquant, en présence du ministre colombien du Commerce Sergio Diaz-Granados Guida et du vice-ministre péruvien du Commerce Carlos Posada Ugaz, le paraphe du nouvel accord commercial entre l'UE et la Colombie et le Pérou.
Ce pacte commercial permettra de passer d'un régime unilatéral de préférences accordées par l'UE à ses deux partenaires en vertu du système de préférences généralisées (SPG), à un régime réciproque assurant la sûreté juridique, la confiance et la prédictibilité pour les opérateurs des deux régions. Il prévoit la libéralisation totale des échanges de produits industriels et de la pêche, et un démantèlement tarifaire sur 10 ans. Dès son entrée en vigueur, 80% des échanges de produits industriels seront libéralisés avec le Pérou et 65% avec la Colombie. L'accord prévoit aussi d'élargir l'accès aux marchés pour les produits de l'agriculture, l'élimination complète des droits de douane devant s'étaler sur 17 ans.
Du côté andin, les intérêts offensifs en matière d'accès au marché se situent dans le volet agricole, le sucre, les bananes, le rhum, le riz, le maïs, plus la volaille pour le Pérou, et le bœuf pour la Colombie. Côté européen, les intérêts offensifs se situent dans l'automobile, les vins et spiritueux et les produits laitiers. Outre la libéralisation tarifaire, l'UE a aussi poussé pour l'élimination des barrières non tarifaires. La grande partie des gains attendus par l'UE se situe dans la libéralisation du commerce automobile, puisque sa part de marché au Pérou et en Colombie ne dépasse pas 5%, et les tarifs à l'importation des deux pays se situent à 9% et 35%.
Selon la Commission européenne, l'accord permettra de nouveaux débouchés commerciaux pour les principales industries exportatrices de l'UE qui bénéficieront d'économies de droits de plus de 33 millions d'euros pour le secteur de l'automobile et des pièces détachées, d'environ 16 millions d'euros pour les produits chimiques et de plus de 60 millions d'euros pour les textiles. Les pharmaceutiques et les TIC bénéficieront, eux aussi, de réductions significatives de droits.
Le paquet sur l'accès au marché est complété par des chapitres consacrés au commerce des services (l'UE a des intérêts offensifs dans les télécoms et les banques), à l'accès aux marchés publics, à la protection intellectuelle (l'UE a obtenu la protection de 200 indications géographiques), l'investissement, la concurrence, les règles d'origine, la défense commerciale et un mécanisme de règlement des différends est prévu.
L'accord inclut également une « clause droits de l'Homme », qui prévoit la suspension de l'accord en cas de violation. Aucune clause suspensive n'est prévue sur le développement durable et le droit du travail, mais l'accord inclut un mécanisme de contrôle de l'adoption et la mise en œuvre par les gouvernements des conventions environnementales et de l'OIT.
Enfin, l'accord repose sur le principe de l'intégration régionale. Sa porte n'est donc pas fermée aux autres pays de la Communauté andine, la Bolivie et l'Équateur.
Le texte d'accord doit désormais être traduit dans toutes les langues de l'UE, avant d'être soumis à l'aval des États membres de l'UE et du Parlement européen.
Les échanges bilatéraux de marchandises entre l'UE et la Colombie et le Pérou se sont élevés à 16 milliards d'euros en 2010. L'UE a exporté pour 3,9 milliards d'euros vers la Colombie et 2,3 milliards vers le Pérou, et importé pour 4,7 milliards d'euros depuis la Colombie et 5,1 milliards depuis le Pérou. (E.H.)