Bruxelles, 13/04/2011 (Agence Europe) - Le Conseil Affaires étrangères a adopté mardi soir (12 avril) des conclusions dans lesquelles les Vingt-sept approuvent un nouveau renforcement des sanctions européennes en place contre le régime Kadhafi. Les ministres des Affaires étrangères y réitèrent aussi leur souhait de voir le colonel quitter le pouvoir « immédiatement » et appellent à un cessez-le-feu immédiat et réel. En ce qui concerne les sanctions, plusieurs noms ont été ajoutés à la liste des personnes frappées par l'interdiction de visa. De même, de nouvelles entreprises et entités publiques libyennes - notamment dans le secteur pétrolier et gazier - ont été ajoutées à la liste des entités dont les avoirs et comptes bancaires sont gelés en Europe. Les nouvelles mesures ont été publiées mercredi 13 avril dans le Journal officiel de l'UE ; elles sont entrées en vigueur avec effet immédiat. D'autres sanctions pourraient suivre à l'avenir, le but étant de priver le régime de toutes les rentrées financières provenant des exportations de pétrole et de gaz. En ce qui concerne la situation sur place, les ministres européens appellent « le régime libyen » à cesser les actes de violence contre les civils et de respecter les droits de l'Homme. En même temps, les 27 tendent une main aux éléments les plus modérés du régime Kadhafi qui, en ce moment, hésitent peut-être à faire défection et à changer de camp. « Ceux qui travaillent à l'intérieur du régime doivent faire un choix: soit ils continuent à faire partie de la répression violente du peuple libyen par le colonel Kadhafi, soit ils soutiennent une transition ordonnée et menée par les Libyens eux-mêmes vers la démocratie à travers un dialogue ouvert, dans l'intérêt de la sécurité et la prospérité de tout le peuple libyen », stipulent les conclusions des ministres. La rencontre informelle avec un représentant du Conseil national de transition (CNT), qui a eu lieu mardi à Luxembourg (EUROPE n° 10357), n'est que très sommairement mentionnée dans les conclusions: « Le Conseil a pris note de la 'vision pour une Libye démocratique' du CNT que celui-ci considère comme une contribution au processus de transition ». Les 27 expriment aussi leur profonde inquiétude face à la situation humanitaire dans le pays et se disent prêts à lancer une mission d'aide humanitaire, avec un soutien militaire s'il le faut, si l'ONU en faisait la demande (voir autre nouvelle). L'UE est aussi prête à aider la Libye « à plus long terme » et à jouer un rôle clé dans la stabilisation et la démocratisation du pays. (H.B.)